Que vous inspire ce délibéré ?
On est particulièrement déçus mais pas étonnés car l’on dénonce régulièrement le laxisme du système judiciaire. Quatre militants antifascistes peuvent mettre une femme en sang et n’être condamnés qu’à soixante-dix heures de TIG, ce qui équivaut à deux semaines de travail. En sachant que ce genre d’acte est passible 45 000 € d’amende et trois ans d’emprisonnement, il est évident que nous attendions un délibéré bien différent.
Quels faits étaient en cause dans ce jugement ?
Un soir du mois d’avril, je prenais un verre à Grenoble avec Hanane Mansouri, responsable des Jeunes Républicains de l’Isère et membre de l’UNI, et Maxime Marie-Tournel, lui aussi militant à LR et à l’UNI. Nous nous apercevons alors que dans le bar d’à côté se trouve une vingtaine de jeunes antifas, dont certains que nous reconnaissons, mais nous n’y prêtons pas attention. Puis à la fermeture, vers minuit, nous sortons et nous remarquons qu’eux aussi sortent de leur bar. Sur la vingtaine d’individus, seulement quelques-uns nous ont agressés. Six ont porté des coups mais seulement quatre ont été poursuivis. Les six en question enfilent alors des casquettes et des cagoules et nous menacent. Sur le coup, je sors mon téléphone pour les filmer en pensant les dissuader. De plus nous appelons la police simultanément mais cela ne fonctionne pas davantage. Nous avons tenté de fuir, mais ils nous ont rattrapés et roués de coups, en s’acharnant particulièrement sur Hanane.
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Ces agressions sont-elles courantes ?
Rarement avec cette violence, mais elles le sont en effet. Il ne se passe par un mois sans que je me prenne un coup de poing dans la figure lors d’un tractage ou d’un collage. D’ailleurs, la veille du délibéré, ceux qui nous avaient agressés pour l’affaire en question s’en sont encore pris à l’une de nos militantes. Elle s’occupait de la billetterie à l’entrée du stade des Alpes, le stade du Grenoble Foot 38. Ces antifas sont par ailleurs des ultras du club de Grenoble. Ils l’ont reconnue et insultée toute la soirée. Cela témoigne de leur sentiment d’impunité. La veille du délibéré, ils auraient dû se tenir tranquilles. Ils sont tellement certains du verdict qu’ils se permettent ce genre de comportement.
Dans l’enceinte de la fac, nos militants sont régulièrement suivis et insultés par des membres de l’UNEF. Certaines institutions scolaires ont aussi fait pression sur nous, comme par exemple Sciences Po Grenoble qui a porté plainte contre nous quand nous avions dénoncé la présence de viande hallal dans son enceinte.
Qu’est-ce qui est nécessaire pour faire cesser ces agressions, aussi bien à votre échelle qu’au niveau national ?
À notre niveau, nous sommes obligés de sortir systématiquement en groupe pour coller ou tracter, alors qu’auparavant nous pouvions le faire à deux ou trois. Aujourd’hui, cela serait dangereux. Au niveau national, il faudrait tout simplement condamner les agresseurs de manière exemplaire. Les antifas violents, très souvent récidivistes, doivent être condamnés à la prison, pas à travailler 70 heures au Planning familial, ce qui vous en conviendrez n’est pas particulièrement dissuasif.
« Tous les antifas ne font pas partie de l’UNEF, mais quasiment tous les militants de l’UNEF sont des antifas. »
Yvenn Le Coz
Existe-il des liens entre les antifas et l’UNEF ?
Oui, il y a de vrais liens. Des tractages de l’UNEF sont parfois faits par des militants qui portent des pulls « antifas ». Puisque l’UNEF est subventionnée, les antifas sont indirectement subventionnés par nos impôts. En fait, il n’existe pas de frontières entre les antifas et l’UNEF. Tous les antifas ne font pas partie de l’UNEF, mais quasiment tous les militants de l’UNEF sont des antifas. Par rapport à l’agression jugée il y a quelques jours, l’UNEF a organisé une manifestation en soutien à ceux qui s’en sont pris à nous. Elle a été suivie dans cette initiative par la France insoumise, le NPA, la CGT et un sénateur EELV. Ils ont aussi organisé une assemblée générale dans l’enceinte de l’université pour dire que nous méritions bien de nous être fait casser la figure.
La gauche retombe dans ses travers extrémistes. La gauche dominante n’est plus celle du Parti socialiste qui aspirait à entrer au gouvernement. Cette nouvelle gauche que l’on observe aujourd’hui à l’Assemblée nationale ne cache plus ses sentiments antisémites, justifie sans cesse la violence, souscrit à des théories racialistes… L’UNEF, LFI ou EELV appartiennent tous à cette mouvance qui applaudit les méfaits des antifas. Le maire écologiste de Grenoble Éric Piolle a même refusé de condamner les actions des antifas au prétexte qu’on ne critiquait pas les gens de son propre camp. Je crois même qu’il a utilisé le terme « sa propre famille ». Ces agresseurs font donc partie de sa famille. Pour ma part, qu’il soit de gauche ou de droite, quelqu’un qui frappe une jeune fille jusqu’à la mettre en sang ne fait pas partie de ma famille.





