Un prince en rupture de ban intègre un régiment de pompiers et s’amourache de son instructeur noir. Tout à fait dans l’air du temps, Feu Follet pose à la fantaisie lubitschienne, mais décoloniale et avec un balai dans le fondement. Le politique y infléchit l’érotique, ou vice-versa, par le biais de genres divers convoqués en petite sinon grande pompe. La comédie pas drôle jouxte ainsi des numéros de musical tout aussi moches. On n’oubliera pas que l’humour portugais est un oxymore jamais pris en défaut, et que João Pedro Rodrigues pratique un art et essai aussi référencé que sinistre.
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Comme dans les Photos d’Alix d’Eustache, des images sont commentées pour ce qu’elles ne sont pas, ici des diapositives de pénis décrits comme des forêts, là des tableaux vivants figurant des œuvres imaginaires. Les nudités n’y apparaissent pourtant que décoratives, aussi éloignées que possible de la transgression. Ce cinéma de fonctionnaire arty à fausses bites est tout simplement mortel.
Feu follet (1h07) de João Pedro Rodrigues avec Mauro Costa, André Cabral et Joel Branco, en salle le 14 septembre 2022





