S’ils passaient pour atypiques dans les années 90, Emmanuel Mouret et sa version godiche de la carte du tendre sont devenus intolérables aujourd’hui. Bruissant de logorrhées précautionneuses en plein Paris covidé, Chronique d’une liaison passagère met en scène un couple adultérin désuni par l’irruption d’une troisième larronne. Censée être tendre et cruelle, cette réflexion sur le désir par temps de triolisme n’est évidemment rien de tout ça, et la parole du réalisateur français renvoie plus au miroir (Allen) qu’au masque (Rohmer).
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Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne, tels qu’en leurs personnages – une chieuse et une lavette – donnent envie de renoncer à toute sexualité pour se réfugier au carmel. Saupoudrant les frileuses définitions de leur « moi », l’usage jusqu’à plus soif de la hideuse Javanaise version Juliette Greco en rajoute dans le chichi qui s’y croit, tout comme la citation de Scènes de la vie conjugale de Bergman, à l’opposé du spectre, pourtant, en matière d’incarnation. Trouver un intérêt à ce film est un signe avant-coureur d’andropause.
Chronique d’une liaison passagère (1h40), d’Emmanuel Mouret, avec Sandrine Kiberlain, Vincent Macaigne et Georgia Scalliet, en salles le 14septembre





