En dix ans, Cédric Jimenez s’est construit une solide filmographie : quatre films – dont les excellents Bac Nord (2020) et HHhH (2017) – quatre genres bien différents, mais avec toujours ce souci d’un cinéma à la fois exigeant et populaire. Avec Novembre, il nous plonge au cœur de l’anti-terrorisme pendant les cinq jours d’enquête qui ont suivi les attentats du 13 novembre. Le cinéaste français a bossé son sujet et maîtrise l’espace et son cadre : filature, interrogatoire, course-poursuite, tout se révèle toujours aussi limpide.
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Malheureusement, ses personnages manquent cruellement de chair et sa caméra de point de vue. Le cinéma ne peut se contenter d’une simple reconstitution, aussi juste soit-elle. Le 7e art suppose avant tout un regard ; ici, il n’y en a pas, sinon pour voiler la courageuse jeune femme (n’en portant pas) qui permit aux policiers de loger les terroristes. Est-ce pour donner des gages à une gauche qui lui reprocha la trop grande vérité de Bac Nord ou insister sur le risque pris par cette femme ? Chacun jugera.
Novembre (1h40), de Cédric Jimenez, avec Jean Dujardin, Anaïs Demoustier, Sandrine Kiberlain, en salles le 5 octobre





