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[Cinéma] Tori et Lokita : dealers de bonne conscience

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Publié le

5 octobre 2022

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Dans leur dernier film, cousu de personnages porte-slogans, les Dardenne se muent en de véritables dealers de bonne conscience.
tori et lokita

Parvenus à la sénescence ultime de leur art, il est temps pour les Dardenne de rendre hommage, avec Tori et Lokita, au plus beau film du monde, L’Intendant Sansho (1954) de Kenji Mizoguchi. Mais là où le cinéaste japonais, usant d’un conte médiéval, atteignait l’universel par l’ampleur du regard, les frères belges, en l’ancrant dans le contemporain, n’obtiennent que de l’abstraction. La mécanique des déplacements remplace l’écriture et les personnages n’existent pas.

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Le trafic de drogue de la Belgique entière semble reposer sur les épaules de nos deux mineurs béninois, bien obligés d’assumer une telle charge pour payer les papiers de Lokita. Ces personnages ne sont que des porte-slogans, à l’image du petit Tori qui, après avoir assisté au viol de sa fausse sœur la console avec ces mots : « C’est lui qui est sale », qu’il semble avoir glanés sur la page Facebook de « Nous toutes ». Dealers de bonne conscience, les Dardenne déroulent leur théorème poussif jusqu’au sermon de fin, sans jamais qu’y passe une étincelle de vie.


Tori et Lokita (1h28), de Luc et Jean-Pierre Dardenne, avec Pablo Schils, Joely Mbundu, Alban Ukaj, en salles le 5 octobre

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