Souvent étiqueté « opéra-bouffe », la Cenerentola de Rossini est en réalité un « mélodrame joyeux », où la veine sentimentale le dispute à la verve comique, avec une fraîcheur et une vivacité irrésistibles. La production de Guillaume Gallienne au Palais Garnier, créée en 2017, penche – trop – du côté sérieux. Eh oui, la vedette de la Comédie Française et du cinéma d’autofiction s’est essayée à l’opéra, puisant dans ses souvenirs napolitains et dans l’étymologie du rôle-titre. Tout se passe devant les murs rouge ocre d’un palais délabré, à moitié submergé par les cendres, vestige ou prémonition d’une catastrophe qui, à l’instar d’une puissance volcanique, secoue le destin de Cendrillon, la délivrant de l’humiliation au prix de l’innocence.
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Mais un propos, aussi juste soit-il, ne fait pas un spectacle, et malgré une fidélité presque exemplaire au livret, l’empathie ne prend pas, le clair-obscur des sentiments a l’air fabriqué et l’humour repose sur des gags souvent convenus ou inutilement vulgaires. Plutôt que l’éruption d’un volcan, une éclipse de soleil. Heureusement que les interprètes – tous, de la ravissante Gaëlle Arquez en Cendrillon au Prince attachant de Dmitry Korchak, en passant par l’autoritaire Alidoro de Luca Pisaroni et par ces maîtres du chant bouffe que sont Vito Priante (Dandini) et Carlo Lepore (Don Magnifico) – font oublier les failles de la mise en scène, comédiens drôles, idéalement assortis, et chanteurs virtuoses, qui exaltent comme rarement l’éloquence des airs et la vitalité des ensembles.
LA CENERENTOLA, mélodrame joyeux en deux actes de GIOACHINO ROSSINI, livret de JACOPO FERRETTI (1817) – Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris – Diego Matheuz, direction musicale – mise en scène de Guillaume Gallienne – au Palais Garnier jusqu’au 9 octobre





