On ne le dit pas assez souvent, mais le journalisme est un métier à risques. Lire Sandrine Rousseau, c’est s’exposer à d’importants dangers. L’écriture inclusive. La bêtise. Des phrases nominales partout. Par-delà l’androcène, véritable œuvre de décryptage de la pensée écoféministe, nous fait plonger dans le néant intellectuel, les biais de pensée et l’absurdité d’une réalité parallèle dans laquelle ne vivent que les trois autrices de ce livre. Ce manuel de « pensée » politique appelle ainsi ses lecteurs à détruire, déconstruire « l’androcène », soit tous les maux de l’Histoire : « extractivisme, colonialisme, capitalisme, patriarcat ». Cependant, on y apprend de nombreuses choses qu’on n’aurait pas soupçonnées. Sachez, par exemple, qu’à partir de la Renaissance, un génocide de plusieurs centaines de milliers de sorcières (ces merveilleuses féministes luttant contre le patriarcat) s’est déroulé. Sans ce livre, vous ne comprendrez jamais pourquoi la sécheresse et les feux de forêts sont dûs aux « bruits des bottes » et à la « suprématie blanche ».
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Tout est de la faute de l’homme. Patriotisme et libéralisme ne sont que deux faces d’une même pièce. La sensation est supérieure à la raison. Les femmes au pouvoir, c’est la paix. « La politique doit être féministe, lesbienne, gay, queer et trans ». Autant d’assertions fausses, allant à l’encontre du bon sens, qui démontrent sans peine aucune que le principal défaut de l’écoféminisme est d’échapper tout à fait au principe de réalité. Prendre pour modèle de réconciliation l’Afrique du Sud, penser qu’en France, l’écologie est « une affaire de pauvres », confondre les statistiques, comparer l’émotion procurée par une œuvre d’art à celle causée par la vue d’un migrant… On pourrait sans exagération égrener les divagations de ces trois femmes durant des heures. Les mots manquent parfois : que répondre à celle qui affirme que les animaux ont une culture et un esprit, ou qu’il faut s’inspirer des champignons ? Qu’on voit depuis quelques années des papillons voler en hélicoptère en imitant les cèpes des pins ? Remarquez, c’est peut-être pour cela que Sandrine Rousseau est aussi truffe.

Seuil, 70 p., 4,50 €





