Dès les premières phrases du livre, tout est dit : « La naissance des États-Unis constitue l’un des évènements les plus considérables de l’histoire. En effet, qui aurait cru que ces treize colonies peuplées en grande majorité de paysans et de petits commerçants deviendraient la plus grande puissance du globe ? » De fait, comment imaginer le monde du XXe siècle si n’avait eu lieu cet évènement aussi majeur que peu connu ? Le grand mérite de l’ouvrage de Pascal Cyr et de Sophie Muffat est de décrire avec minutie cette guerre civile entre rebelles et loyalistes. Le conflit dure huit ans (1775-1783). Oubliez les gratte-ciel et les sirènes stridentes de pompiers, New-York à la fin du XVIIIe siècle est recouvert de champs, de forêts et de rivières. Les armées britanniques du Général Howe et celle de Washington s’étripent pour prendre une colline et un fort sur les hauteurs d’Harlem. Les Américains sont courageux mais de piètres soldats.
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Les Anglais sont expérimentés mais se lassent de cette guerre lointaine et coûteuse. La victoire de Saratoga en octobre 1777 redonne le moral aux Américains. La France bascule définitivement de leur côté en déclarant la guerre à l’Angleterre. Louis XVI envoie une armée de 5 000 hommes commandée par Jean- Baptiste de Rochambault qui, officier courageux et d’expérience, parviendra à convaincre Washington de ne pas attaquer Manhattan mais de faire le siège de Yorktown en Virginie. La victoire signe la défaite de l’Angleterre en Amérique. « À Yorktown, bien que les Américains croient souvent le contraire, la victoire est essentiellement française, écrivent nos deux historiens. C’est la marine française qui a vaincu la Royal Navy à l’entrée de la baie de Chesapeake. Ce sont des ingénieurs français qui ont dressé les plans du siège et coordonné l’assaut des redoutes extérieures ». Bien mal récompensée, la France ne sera jamais remboursée. Quelques années plus tard, sa monarchie tombait.

Passés Composés, 512 p., 25€





