« J’étais professeur d’histoire. À la naissance de mon troisième enfant, j’ai décidé de prendre un congé maternité de trois ans, durant lesquels je me suis lancée en politique ». François Hollande est président et les débats sur le mariage dit « pour tous » s’engagent à l’Assemblée et dans la rue. « Je n’étais au départ pas très engagée. Avec mes frères on a monté Les Gavroches, pour remettre le débat politique dans la rue, notamment autour du patriotisme populaire et de l’altérité homme-femme. On a commencé à travailler sur la question de la fin de vie. Puis les premières manifs pour les chrétiens d’Orient ». Seule ou en poussette, Clotilde Brossollet arpente le pavé parisien de long en large jusqu’à ce que la question de se retrouver debout sur une estrade devant le tableau noir repointe son nez.
Elle se « bat pour que la pensée chrétienne renoue avec son discours social », qui ne peut « se limiter à l’écologie intégrale »
« Je venais de porter plainte, à titre personnel, contre la réforme du collège. J’avais déjà des relations tendues avec mon inspecteur, pour des questions didactiques, explique-t-elle. C’est à ce moment qu’Ichtus [une association au service de l’engagement des catholiques
dans la Cité, Ndlr] est venu me chercher ». Elle y reste quatre ans. « Pour moi, ce fut l’achèvement de ma formation politique, par le biais de la métapolitique. J’ai travaillé sur la doctrine sociale de l’Église, et j’ai repris une formation dans ma spécialité, l’éthique de la politique ».
En plus de cela, Clotilde tient une chronique depuis huit ans sur Radio Espérance dans laquelle elle commente l’actualité « à la lumière de la doctrine sociale ». Elle n’a pas peur de mettre sa foi en avant, car dans un monde « devenu gnostique », il appartient à nous, chrétiens, de ramener l’espérance.
C’est tout le sujet de son premier livre, Catholiques de tous les partis, engagez-vous, publié chez Mame. Elle se « bat pour que la pensée chrétienne renoue avec son discours social », qui ne peut « se limiter à l’écologie intégrale ». Proche du père Corneloup, le « curé des Gilets jaunes », qu’elle a connu lors du mouvement, elle s’étonne du « silence » de l’Église à ce moment.
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Parallèlement à toutes ces activités, Clotilde accompagne aussi des hommes politiques, qu’elle forme aux sujets essentiels liés à l’éthique de la politique. Si elle a arrêté de travailler sur la fin de vie après la loi Leonetti, car « spirituellement, c’est un sujet très éprouvant, on a l’impression de toucher le diable de près », elle n’en abandonne pas pour autant ses combats.
Amoureuse du livre, quand on lui demande quel fut son premier coup de cœur, Clotilde Brossollet ne donne pas la réponse typique de l’intellectuel, qui va chercher une référence pointue censée le mettre en avant. « C’était un livre que j’ai lu au début du collège, intitulé Ces Dames aux chapeaux verts. Je ne me rappelle même pas de quoi ça parle ». Après une rapide recherche, il pourrait s’agir d’un roman satirique de Germaine Acremant, publié en 1921.
Plus tard, « Baudelaire, Corbière, Kundera, London, Semprun, Camus, Balzac, et les modernes : Nicolas Matthieu, Houellebecq, Enard, Gaudé ». Et de l’éclectisme : « La littérature féminine iranienne, les polars scandinaves, Sorj Chalandon ».
Elle se définit comme « une enfant des années Jean-Paul II » et fait vivre sa paroisse, à Nanterre, où elle a découvert la véritable misère, « celle dont on sait qu’elle existe, mais à laquelle on n’a jamais été confronté »
Côté politique, ce sont « les maîtres de l’antiquité, Platon et Aristote, principalement ». Mais aussi « Scruton, Lasch, Havel, et des papes comme Pie XI ou Jean- Paul II, et, évidemment, saint Thomas d’Aquin ». Logique, pour celle qui se définit comme « une enfant des années Jean-Paul II » et fait vivre sa paroisse, à Nanterre, où elle a découvert la véritable misère, « celle dont on sait qu’elle existe, mais à laquelle on n’a jamais été confronté ».
« C’est une paroisse au cœur d’une cité, 80% d’étrangers, avec des parents analphabètes pour lesquels il faut remplir les chèques quand ils inscrivent leurs enfants au catéchisme », explique-t-elle. Une mission parfaite pour celle qui veut remettre le social au centre de l’Église… et l’Église au centre du village !





