Comédie du remariage mise au goût du jour (le couple abstinent par usure doit retrouver le désir), Voyages en Italie avance masqué avec une intelligence rare. Ce qui sépare les parents de deux jeunes enfants – relégués hors-champ – ce n’est ni la jalousie, ni la tromperie, mais l’incroyable abrutissement de l’existence contemporaine, avec son chapelet de micro-évènements comme autant de grains de sable qui ne se contentent plus de gripper le quotidien mais en constituent la trame.
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Sous prétexte de tourisme, les références à Rossellini, dont Stromboli, enregistrent dès lors l’impossibilité absolue de l’expérience transcendante. Nulle méchanceté chez Sophie Letourneur, adepte d’un naturel à la Jacques Rozier, mais une bienveillance lunaire, notamment envers son héros (Katerine), saisi dans tout l’avachissement de la cinquantaine. Si la mise en abyme du coït à venir redonde un peu, le retour imprévu de la mort, sur un mode néanmoins mineur, étonne par son audace. Une grande réussite.
Voyages en Italie (1h31), de Sophie Letourneur, avec Philippe Katerine, Sophie Letourneur, en salles le 29 mars





