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[Chantal Delsol] Trans : ces extravagances meurtrières

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Publié le

17 juillet 2023

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Contre l’ubris transgenre des lobbys qui veulent renverser les normes au prétexte de cas-limites, la philosophe Chantal Delsol, membre de l’Institut, appelle à ne pas céder à l’idéologie et au fanatisme, sous peine de catastrophes.
© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Diverses techniques superposées permettent dorénavant de « changer de sexe » : hormonales et chirurgicales. Il s’agit de se doter des attributs biologiques de l’autre sexe – on ne change pas la génétique, qui reste la même, bien sûr. Autrement dit, nous pouvons changer les apparences – ce qui n’est pas rien. Mais pour autant, sur un terrain de sport un homme reste un homme, tellement plus vigoureux qu’une femme. D’où les débats autour des transgenres dans les stades. Il faut préciser de surcroît que cette transformation des organes réclame une lutte permanente contre la nature. L’impétrant devra prendre des hormones à vie.

Lire aussi : Trans : les enfants cobayes

Cette victoire de la science contre la nature biologique n’est pas légitimée par ses défenseurs au nom de la volonté de chacun de devenir ce qui lui plait, mais au nom des cas-limites. Il suffit de fréquenter un peu les statistiques pour savoir que les cas-limites (sexe indéfini, équivoque) représentent une infime partie des naissances. Ainsi on y ajoute le désarroi de celui qui se sent « un esprit né dans le mauvais corps », ce qui est un indice de malaise psychologique bien connu à l’adolescence. Ces deux raisons sont déployées à l’extrême pour justifier les médecines de transidentité. On parle des cas-limites comme s’ils étaient la règle, à ce point que l’on en vient à parler du « sexe assigné à la naissance », comme si l’attribution du sexe à l’enfant était une décision arbitraire provenant de la volonté des parents ! Et on interprète toute dépression adolescente comme un malaise dans le genre. À l’évidence, il est né dans la planète européenne un lobby transidentitaire qui n’a qu’une idée – multiplier le nombre des demandeurs. Étant donné les coûts médicaux et le fait que les trans sont des malades à vie, on imagine que les laboratoires et cliniques ne sont pas désintéressés non plus.

Aussi commence-t-on à expliquer aux très jeunes enfants, vers 6-7 ans, qu’ils peuvent choisir leur sexe, et qu’ils ne sont garçon ou fille que par la couleur de leur vêtement, choisie par leurs parents. Pour les dépouiller de leurs rôles sociaux, on les dépouille de leur réalité biologique. On leur fait croire qu’il leur est possible sur simple désir de se changer eux-mêmes radicalement. On commence par leur proposer de changer de prénom et de vêtements. Après quelques années, il est difficile de revenir en arrière. Alors on propose de commencer une hormonothérapie. Puis on en viendra à la chirurgie. C’est ainsi que dans les pays occidentaux, nombre d’enfants ont subi ces mutilations corporelles et psychologiques pour servir de cobayes à des courants fanatiques. La propagande télévisuelle et médiatique en général vante le changement de sexe au nom de l’auto-détermination et ne met en valeur que des cas heureux. Bien sûr on ne parle jamais des détransitionneurs, de leurs regrets et révoltes, ni de leurs séquelles.

Dans un processus si grave, qui implique la vie entière et à toutes chances de la détruire, les parents dissuasifs sont considérés comme des réactionnaires à écarter

Le grand primatologue Frans de Waal a montré dans l’un de ses ouvrages sur les grands singes, que la biologie suscitait des préférences spécifiques liées aux sexes, déjà chez les primates, autrement dit chez des tribus sans histoire, sans culture et sans préjugés…

On ne choisit pas son sexe et il n’y en a que deux. Les poètes ont pu rêver d’autres constructions – les cinq sexes de Cavafy et de Durrell. On ne peut pas confondre des irrégularités de la nature, extrêmement rares, avec de nouvelles normes. Par ailleurs, il est indigne et même criminel de faire croire à des enfants qu’ils peuvent en un clic se donner telle ou telle réalité. C’est aussi fallacieux que de leur donner les contes d’Andersen pour la réalité du monde.

Les adultes peuvent choisir de devenir, pour changer de genre, des malades à vie. La question est autre pour les enfants, que les réseaux héroïsent dès qu’ils changent de prénom, et que les lobbys transgenres incitent à faire la mutation à grand renfort de discours progressistes et compassionnels. Le pire est qu’on fait tout pour écarter les parents de décisions irréversibles (l’enfant change de nom et de vêtements, il ne peut plus se dédire, il prend des hormones, il est prêt pour la chirurgie). Dans un processus si grave, qui implique la vie entière et a toutes chances de la détruire, les parents dissuasifs sont considérés comme des réactionnaires à écarter, auxquels on promet le suicide de l’enfant s’ils ne se mettent pas au diapason des lobbys. Après tout, on retire bien les enfants aux parents indignes – ici être récalcitrant à l’ubris transgenre est considéré comme une indignité parentale. C’est ainsi que, l’enthousiasme et le fanatisme aidant, ont été ouvertes des cliniques qui poussent à la transition les cas de simple déprime, comme s’il s’agissait là d’un remède courant. Le résultat est que l’on voit déjà se multiplier les détransitionneurs, prêts pour certains à faire des procès à leurs parents. Les pays du nord, qui sont pragmatiques, reculent et posent des limites. Mais la France préfère toujours l’idéologie à l’expérience : avant que les faits la persuadent de changer d’avis, il en faut des catastrophes…

Lire aussi : Tribune de Marion Maréchal : Du féminisme au transgenrisme

Il est intéressant de voir qu’une partie de la gauche française, surtout représentée par des psychologues et psychiatres, mène un combat sans repos contre ces extravagances meurtrières, dans le but de défendre les enfants.

Les attentes du trans- et post-humanisme représentent les ultimes utopies de la modernité naufragée. Si on les laisse opérer, elles feront autant de mal que les utopies du XXe siècle.

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