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L’homme de toutes les collaboration

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Publié le

10 octobre 2023

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Mélenchon est un homme de procès, et L’Incorrect n’y pas échappé. Pour l’avoir traité de « collabo », le dirigeant de La France insoumise a saisi la correctionnelle. En vain, puisqu’aujourd’hui, il nous faut enfoncer le clou en rappelant quelques cruciales vérités : Mélenchon, pur produit du système, est bel et bien l’homme de toutes les collaborations.
JLM

Comme une odeur de déroute qui flotte dans le camp des Insoumis. Si près du but, pourtant. Comme si le pouvoir brûlait définitivement les mains. Comme si la prochaine échéance électorale s’éloignait, au fond d’un tunnel médiatique de plus en plus retors. Avec la disparition progressive de ses plus anciens lieutenants, Jean-Luc Mélenchon et son parti semblent patiner dans la boue. Ils accumulent les faux pas, ils s’égarent sur les fausses pistes. L’aigreur semble avoir pris le dessus. Tout récemment, c’est Sophia Chikirou qui vient de s’attaquer à Fabien Roussel, président du Parti communiste dont la popularité insolente commence à faire de l’ombre à LFI. Pas une minute à perdre : la députée LFI, compagne à la ville de JLM, n’écoutant que son courage, évince le populisme de Fabien Roussel et le compare à Jacques Doriot dans un tweet tout à fait pathétique.

Un parti aux abois

Acculé par ses contradictions, le parti montre les dents. Et la nouvelle équipe de LFI, soluble dans les pires arènes télévisuelles, montre enfin son vrai visage. Le visage d’une petite caste de parvenus, intégralement vouée au Lider Massimo et imprégnée de ses méthodes : avancer à l’aveugle, par coups d’éclat, mais sans jamais lâcher le système qui vous a pondu. Au prix de contradictions et d’approximations fatales.

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Car Mélenchon, s’il est parvenu à faire croire l’inverse à ses électeurs les plus crédules, est un homme de système, voire un homme d’arcanes. Or il est dur d’appliquer à la lettre un système lorsque le réel semble prendre un malin plaisir à vous contredire. « Jamais on a vu un parti si près du pouvoir s’engager dans une voie aussi chaotique » suggère un ancien collaborateur. Et pour cause : LFI, c’est d’abord le logiciel politique d’un seul homme. Un logiciel daté, même si les équipes de communication et les petites mains du parti s’empressent à chaque scrutin de commettre une mise à jour, voire… un reboot total.

Aujourd’hui, bien malin celui qui saura décrypter le message politique de LFI. « Mélenchon, c’est le candidat du vide » tacle un de ses anciens lieutenants, débouté depuis, dans une de ces énièmes nuits des Longs Couteaux dont l’ex-lambertiste a le secret. « J’étais à ses côtés en 2017. À cette époque, j’ai eu l’impression qu’il croyait encore en ce qu’il disait. Depuis, ses actes m’ont donné tort. Mélenchon, au fond, a toujours oscillé entre deux missions : rassembler la gauche ou fédérer le peuple. Il semble avoir fait son choix. Il a enfin eu ce qu’il convoitait depuis toujours : le rôle principal, celui de l’homme fort du socialisme français. Sauf que c’est au détriment du reste. »

Mélenchon veut-il vraiment le pouvoir ? Il semblerait que oui. S’il a complètement abandonné l’idée d’une politique de rupture, il se voit tout à fait calife à la place du calife. Et tant pis pour la street cred. Il faut rappeler qu’avant de se tailler un costume sur mesure de petit père des peuples, Mélenchon a d’abord été le caniche de Mitterrand. C’est sous la bienveillante Mitterrandie qu’il a fait ses armes, qu’il a gagné ses galons – d’abord un poste de sénateur de l’Essonne sous la houlette de son mentor Claude Germon, qui lui a appris à fourbir ses armes dans la politique locale. « Mélenchon a dit oui à Maastricht, ne l’oublions jamais, fustige l’ancien collaborateur. Et il sera encore prêt à céder devant la technocratie européenne, sans aucun problème. Ce n’est pas avec Marine Tondelier qu’il ira affronter Bruxelles. » Mélenchon a-t-il des idées ? Au fond, n’est-il pas proche d’un Emmanuel Macron ? Celui qui a mené sa campagne à deux reprises sous forme d’hologramme a au moins avec le président cette capacité à faire la girouette, à aller systématiquement dans le sens du vent. En cela, c’est un homme politique de premier ordre. Toute la démarche politique et métapolitique de Mélenchon consiste finalement en une seule chose : s’inventer une crédibilité de dissident, malgré son passé au Grand Orient de France, au Sénat et au gouvernement Mitterrand. Pas exactement les camps d’entraînement de l’Armée rouge, donc…

Le système Mélenchon

Le système Mélenchon, c’est d’abord un réseau qui irrigue toutes les couches de la société française, y compris les plus hautes. Mélenchon n’hésite pas à s’acoquiner avec des hommes d’influence pourtant bien éloignés de son credo politique. On connaît son amitié avec Patrick Buisson, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, on connaît moins son rapprochement avec Serge Dassault, alors que Mélenchon était sénateur de l’Essonne et que l’avionneur français, maire de Corbeil-Essonnes entre 1995 et 2009, arrosait à coups de millions ses administrés. JLM, plus jeune sénateur de la Ve République, a toujours su flairer d’où venait le pouvoir et sa carrière de sénateur, puis de député européen lui permettent de s’entourer progressivement d’une véritable armée d’espions et d’hommes de l’ombre. Une armée de réserve secrète, puisée parmi les hauts fonctionnaires, mais pas seulement : consultants placés à des postes stratégiques, attachés d’ambassades, consuls, chefs d’entreprise, journalistes, cadres supérieurs, avocats en pagaille.

Lire aussi : Jean-Luc Mélenchon, antisem friendly

Comme le rappelle la journaliste Mélanie Delattre, Mélenchon s’est constitué un véritable cheptel d’« agents dormants » qu’il réactive à tout moment. Des « correspondants de l’ombre » qui lui ont assuré une certaine crédibilité tout au long de ses campagnes présidentielles. Mélenchon a bien compris, en admirateur de l’Amérique latine, et notamment du bolivarisme, que le pouvoir se gagne avant tout grâce au renseignement. Et grâce à un calcul stratégique savant. « Auparavant, Mélenchon se voyait comme un homme de tactique, conclut son ex-lieutenant. Dorénavant, c’est davantage un stratège qu’un tacticien. C’est-à-dire qu’il voit à long terme, et qu’il n’hésite pas à faire des victimes pour arriver à ses fins. »

Cette fascination pour le renseignement dit au fond quelque chose de crucial sur le leader de LFI : le fait qu’il travaille, depuis le cœur des institutions, contre la France. L’ennemi intérieur, c’est lui. Car toutes ses prises de position, toutes ses déclarations et tous ses emportements se font dans l’exercice d’une hostilité viscérale vis-à-vis de son propre pays, vis-à-vis de ce qui a fait sa grandeur et sa singularité. Petit éclairage sur les sept péchés capitaux d’un authentique anti-français.

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