On reconnaît un crétin au fait qu’il est parfaitement à l’aise dans son univers. Parfaitement heureux d’être là, d’être de son temps, d’être au milieu de ses semblables – au hasard dans les coursives moquettées de Radio France, là où le tumulte du monde et les flatulences du peuple ne parviennent qu’amoindris à ses délicates oreilles, déjà malmenées par le port quotidien des Air Pods de rigueur. On reconnaît un crétin, également, au fait qu’il est souvent très content de lui, parce qu’il est toujours certain d’avoir raison – forcément, le crétin appartient pieds et poings liés à l’Empire du Bien, cet univers étrange peuplé de kapos en goguette, où l’on se félicite quotidiennement d’appartenir à l’entregent politico-médiatique qui domine les ondes et où être chroniqueur est un métier – et même un métier grassement payé.
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Prenez Guillaume Meurice : avec lui, c’est presque trop facile. C’est la cible idéale, tant et si bien qu’on le croirait élevé en cuve, quelque part dans les souterrains de Boston Dynamics, pour correspondre parfaitement à la tête à claques socialo-boboïde telle que nous la cauchemardons : une longue tête de féculent, couronnée par la coupe typique du FDP (poivre et sel, légèrement broussailleuse), un sourire en coin constant, comme s’il nous parlait depuis un lieu privilégié – probablement ce panthéon sordide où convolent les fantasmes du petit bourgeois biberonné à «Touche pas à mon pote» : anti-racisme ravi de la crèche et mépris de classe superbement assumé. Guillaume Meurice : voilà donc l’ultime bourgeon du socialisme français, filtré minutieusement par les alambics de l’histoire.
Il a fallu tout de même 250 ans, une mutinerie jacobine, quelques restaurations tronquées, deux guerres mondiales et une détestation globale pour tout ce qui est beau et souverain, pour produire ce phlegmon particulier de chancre mondain, obtenu à partir de quelques rares croisements d’espèces souffreteuses, de déserteurs veules et de corps malingres. Pour obtenir ce pissenlit ricanant et imbu, qui se balance de gauche à droite, cycliquement, derrière un bureau de la Death Star – Radio France. Celui-là même qui depuis des années fait son beurre de micro-trottoirs réalisés au pied de la Maison de la Radio… véritable héros national, Guillaume Meurice tend le micro à quelques vieillards dans les marchés et devant les églises du XVIe arrondissement. Tout cela pour prouver – savant montage à l’appui – que les vieux sont des cons, en particulier lorsqu’ils votent à droite. C’est de la bravoure, on vous dit… On a donc bu du petit-lait en apprenant que l’émission qui lui donnait la parole quotidiennement était rétrogradée dans une case horaire dominicale. Meurice et sa diaspora belge continuent à ricaner, mais au fond de la classe. Pourtant, «l’humoriste» n’a pas dit son dernier mot.
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Non content de s’imaginer romancier (un ou deux romans historiques de sinistre mémoire), voilà qu’il développe son activité… Tremblez, car voici venu le Meurice-Verse. L’homme se veut désormais transmédia, il touche à tout, il entend bien mettre à sa sauce (poivre et sel) tous les domaines et cocher toutes les cases du narratif France Inter, c’est-à-dire de la pensée unique subventionnée. Le voilà qui se pique de science, en proposant un podcast sur le milieu marin. Après une écoute soigneuse, on peut toujours saluer le fait que Meurice a le mérite de se taire la plupart du temps et de laisser la parole à ses intervenants – même s’il semble garder cette horripilante manie qui consiste à faire dire à son montage à peu près ce qu’il veut. Pour le reste, Poséidon n’est qu’une démarcation convenue de C’est pas sorcier, version poiscaille, avec des gosses faussement ingénus qui posent des questions faussement ingénues. Après Meurice qui fait du Jean Teulé, Meurice qui fait du Thalassa. Vous n’en rêviez pas, France Inter, pourtant, l’a fait.





