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Non, l’immigration ne paiera pas nos retraites

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Publié le

7 mai 2026

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Une étude de l’observatoire Hexagone démontre, chiffres à l’appui, que le recours à l’immigration ne permettra pas de sauver notre système de retraite.
© DR

De l’extrême gauche à l’aile droite de la macronie, c’est devenu l’argument principal en faveur de l’immigration : elle serait le seul moyen de compenser le déséquilibre démographique des vieux pays occidentaux, afin de maintenir notre généreux modèle social à l’équilibre. En clair, il faudrait plus d’immigrés pour sauver notre système de retraite. Beaucoup a déjà été dit sur le scandale moral que recouvre cette proposition, à savoir l’idée, très néo-coloniale, selon laquelle les pays occidentaux doivent pouvoir continuer à jouir de leur niveau de vie confortable en aspirant simplement les forces vives des pays plus pauvres – et tant pis pour ces pays qui perdent leurs jeunes actifs dans l’équation, et avec eux la possibilité de se développer pour de bon.

Mais il manquait encore une déconstruction en règle de cette thèse sur le plan strictement mathématique et économique. C’est chose faite grâce à l’observatoire Hexagone, qui publie ce jeudi une étude en la matière. Dirigé par Philippe Lemoine, directeur de la recherche d’Hexagone et chercheur affilié à l’université de Georgetown, ce travail démontre de manière implacable que l’immigration ne suffira pas à payer nos retraites.

Chute des actifs, modèle social en danger

Partant du vieillissement des populations européennes (les +65 ans représentent désormais plus de 20 % de ces populations), l’étude montre qu’elle bouleverse naturellement les grands équilibres économiques, notamment pour ce qui concerne notre modèle social. Ainsi, « les plus de 60 ans représentent 28 % de la population du pays, mais au moins 55 % de la dépense sociale ». Ce qui pose inévitablement la question de son financement.

Lire aussi : Immigration : les Anglais roulent-ils à droite ?

La suite de la démonstration repose sur une métrique absolument cruciale pour évaluer l’avenir de notre modèle : le ratio de soutien des personnes âgées en France, qui rapporte le nombre d’actifs au nombre de retraités, et permet donc de mesurer la solvabilité de notre modèle. Sans surprise, ce ratio est en chute libre depuis l’après-guerre, et de manière très spectaculaire : « Alors qu’en 1945, on comptait 6 personnes d’âge actif (15-64 ans) pour une seule personne de plus de 65 ans, nous sommes tombés à seulement 3 actifs aujourd’hui, et la baisse devrait se poursuivre dans les décennies à venir pour atteindre environ 2,5 en 2050, si les tendances démographiques actuelles se prolongent. » En d’autres termes, l’allongement de la durée de vie d’un côté, la démographie en berne de l’autre qui ne permet plus le renouvellement des actifs, condamnent à terme notre modèle social par répartition, à commencer par le système de retraite.

L’immigration n’est pas une solution

C’est ici qu’intervient l’hypothèse migratoire, avec cette idée simple : il faudrait accueillir de jeunes immigrés actifs en masse pour rééquilibrer ledit ratio, et ainsi sauver notre modèle. Tout l’intérêt de cette étude est de montrer, au contraire, que ce ratio « est beaucoup moins sensible à l’immigration qu’on ne le croit ».

Philippe Lemoine examine deux hypothèses. La première, qui viserait à compenser strictement le vieillissement de la population par l’immigration, ceci afin de maintenir le ratio à environ 3 actifs pour un retraité (son niveau actuel), demanderait à ce que notre solde migratoire soit multiplié par 3,5, soit une augmentation de près d’un demi-million d’immigrés par an, sur une période longue ! Un chiffre énorme qui en fait une solution impossible sur le plan politique, dès lors qu’environ 70 % des Français considèrent que l’immigration est déjà trop élevée aujourd’hui.

Pour compenser strictement le vieillissement de la population par l’immigration, il faudrait que notre solde migratoire soit multiplié par 3,5, soit une augmentation de près d’un demi-million d’immigrés par an, sur une période longue !

À l’inverse, la seconde hypothèse examine l’évolution de ce ratio au cas où le solde migratoire tomberait subitement à zéro. Dans ce scénario, le ratio de soutien en 2050 reculerait de 2,5 à 2,32, autant dire un écart très modeste (7 %). En clair, l’immigration n’a qu’une influence très modeste sur la solvabilité de notre modèle social et ne permettra pas de compenser le vieillissement de nos populations – sauf à la faire venir en masse sur une période soutenue. Une situation constatée par l’auteur dans la plupart des pays européens : « En Italie, l’immigration nette devrait être multipliée par 6. En Espagne, par 10. » Une solution ni faisable, ni souhaitable.

Plutôt que de succomber au doux mirage du sauvetage par l’immigration, il va donc falloir s’atteler à la réforme de notre système social, conclut l’auteur. Et lancer, ajouterons-nous, un grand plan de relance démographique, pour payer les retraites certes, mais surtout pour que la France continue d’exister.

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