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Jean-Luc Mélenchon, le capitaliste

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Publié le

25 octobre 2023

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Septième de ses pêchés capitaux, Jean-Luc Mélenchon a beau multiplier ses charges contre le capitalisme, lui, en est un par la pratique.
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Le chef des Insoumis ne cesse de vitupérer contre le capitalisme et les riches. Pour autant, notre enquête montre qu’il imite les meilleurs entrepreneurs. En mars 2022, il a rempli une déclaration de patrimoine en vue de l’élection présidentielle. Il y déclarait deux biens immobiliers. Il possède un appartement à Paris d’une valeur d’1,2 million d’euros, auquel il faut retrancher 99 145 euros de prêt bancaire, et une maison dans le Loiret évaluée à 170 000 euros. Cela fait un patrimoine d’une valeur d’1 270 855 euros. Or, l’IFI commence à 1,3 million. Dès qu’il aura remboursé son prêt, ou si la valeur de son appartement continue de monter, il sera assujetti à l’impôt sur la fortune immobilière. La consécration ! Mais ce n’est pas tout. Opportunisme, rachat au rabais, vente avec plus-value, optimisation fiscale, souci des amis et de famille… depuis des décennies, M. Mélenchon pratique les affaires avec maestria et discrétion. En voici quelques exemples.

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Maximisation de sa retraite: après cinquante années d’une carrière bien remplie, le tribun, âgé de 72 ans, a révélé en 2019 ne pas connaître le montant de la pension de retraite qu’il touchera. À l’époque, le questeur de l’Assemblée nationale avait affirmé qu’il percevrait 8 500 euros, au titre de 62 années de mandats cumulés. Ce montant est inaccessible aux salariés du privé, sauf s’ils ont placé du capital. Dans le monde réel, pour percevoir 8 500 euros de retraite, les conseillers financiers que nous avons sollicités ont calculé qu’il faut mobiliser une épargne supérieure à 20 millions d’euros. Or, nous avons calculé le total des indemnités versées par l’État, le Parlement européen et les collectivités au chef des Insoumis, qui fut ministre, député, sénateur, conseiller général, parlementaire européen et adjoint au maire. Sur 50 ans, ce montant est de l’ordre de 5,8 millions d’euros. Il n’est pas le seul dans son cas à vouloir prendre le maximum, et n’a rien commis d’illégal.

Optimisation fiscale: en 1997, Jean-Luc Mélenchon, qui avait besoin d’un local, apprit qu’une entreprise de peinture était en difficulté. Elle possédait un foncier qui l’intéressait. Il attendit sa liquidation et offrit d’acheter le local à la barre du tribunal de commerce, qui le lui accorda au nez et à la barbe d’un promoteur. Il devait être difficile pour les édiles de s’alénier l’un des patrons socialistes du département. M. Mélenchon utilisa alors toutes ses économies, et demanda l’aide d’un ami, directeur de l’Opéra de Massy, pour compléter ce qui lui manquait. Jean-Luc Mélenchon était alors adjoint au maire de Massy, en charge de la culture, donc des subventions de la ville à l’Opéra.

Or, nous avons calculé le total des indemnités versées par l’État, le Parlement européen et les collectivités au chef des Insoumis, qui fut ministre, député, sénateur, conseiller général, parlementaire européen et adjoint au maire. Sur 50 ans, ce montant est de l’ordre de 5,8 millions d’euros.

Personne ne tiqua devant un potentiel conflit d’intérêts. Les associés formèrent une SCI et payèrent cash. Aussitôt, Mélenchon installa dans sa maison sa permanence parlementaire ainsi que la cellule locale du Parti socialiste. Il ne se voyait pas leur demander des loyers. Donc il créa une association à qui il loua les locaux. L’association demanda à son tour une cotisation à ceux de ses membres qui utilisaient son bail. Cet élégant montage permit de surcroît d’obtenir des subventions des collectivités. L’association put alors financer des travaux d’amélioration, ce qui fit monter la valeur de la maison. C’était peu moral mais parfaitement légal et très malin car, en 2010, la SCI a vendu la maison trois fois son prix d’achat, avec une plus-value de près de 180 000 euros à se partager entre les deux associés. M. Mélenchon est assez peu disert sur son associé, Jack-Henri Soumère. Il est vrai que ce dernier a été arrêté au Maroc en 2016 avec deux jeunes garçons de 16 ans à qui il proposait environ 30 euros pour des relations sexuelles. Il fut initialement poursuivi pour incitation à la débauche sur mineur et homosexualité (considérée comme un délit au Maroc). Les juges le condamnèrent finalement pour homosexualité et abandonnèrent les charges sur la débauche, au grand dam de l’association Touche pas à mon enfant qui s’était porté partie civile. M. Mélenchon n’est pas le premier homme politique dont des relations ont affaire à la justice des mœurs.

Souci des amis et de la famille: l’ex épouse, la fille et le gendre de M. Mélenchon ont travaillé, ou travaillent toujours, dans ses collectivités d’élection, le conseil général de l’Essonne et la ville de Massy-Palaiseau. Le chef des Insoumis se défend en rappelant les qualifications réelles, les concours passés par les membres de sa famille et les commissions indépendantes qui ont procédé aux recrutements. Il fait par ailleurs remarquer que leur proximité avec lui leur ont fermé bien des portes et nous le croyons volontiers. Autant de bonnes raisons pour aider ses proches comme le pratiquent beaucoup d’hommes politiques.

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Fiscalement, il se déclare célibataire et nie depuis 2018, et une révélation de Mediapart, être en couple avec la députée Sonia Chikirou, ce que plusieurs journaux réfutent, et qu’il a lui-même reconnu à demi-mot chez Cyril Hanouna le 11février 2022. Or, la société de communication de MmeChikirou a facturé 1,2 million aux comptes de campagne 2017 de Mélenchon, et 844636 à celle de 2022. Cela a laissé un arrière-goût, y compris chez les Insoumis. Les factures furent validées par la commission des comptes de campagne, malgré la dé- mission d’un des rapporteurs, qui fut relaxé d’une poursuite en diffamation intentée par La France insoumise. Mentionnons enfin qu’en 2022 une association proche de LFI a été mise en examen pour faux, usage de faux, escroquerie et « tentative d’escroquerie aggravée ». Les juges sont notamment tombés sur une différence de 66 % entre le salaire versé à Bastien Lachaud et le montant de sa prestation facturée à la campagne de Jean-Luc Mélenchon, et une différence de 59 % pour l’ineffable Mathilde Panot. Toute ressemblance avec d’autres hommes politiques serait légitime.

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