Contempteur de Keynes et des théories de la relance, Friedrich Hayek est l’auteur d’une œuvre que ses adversaires assimilent au libéralisme thatchérien, et que certains conservateurs annexent pour sa critique du constructivisme. Dans La Philosophie de Hayek, l’historien des idées Philippe Némo clarifie le sens politique de l’œuvre hayékienne, au moyen d’un panorama érudit qui en souligne avec pédagogie la genèse et la profondeur. Contre la pensée rationaliste, Hayek postule avec les conservateurs que le vrai est l’objet d’une découverte souvent fortuite, et que l’expérience confère une efficience supérieure aux actes des individus. Cette apologie de l’expérience ne s’inscrit cependant dans aucun cadre moral, sinon celui de la prudence, et réclame a contrario un ordre économique et juridique minimal, favorable à l’échange interindividuel.
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Si les dynamiques de marché se découvrent à défaut de se déduire, alors tout interventionnisme fausse le processus d’information par l’échange, et affaiblit l’ensemble des acteurs économiques. Transposée à la genèse du droit et à la conduite des affaires publiques, la démarche hayékienne peut être résumée en une question provocatrice adressée aux antilibéraux : jusqu’à quel degré d’inefficience une mise en ordre de la société est-elle sérieusement envisageable ?

LA PHILOSOPHIE DE HAYEK, PHILIPPE NEMO, PUF, 648 p., 24€





