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Edmund Burke, la prudence conservatrice

Père du conservatisme dont se réclament tout à la fois réactionnaires et libéraux, Edmund Burke est à la croisée des chemins entre les différentes sensibilités de droite. C'est que, par sa critique des Lumières et de la Révolution française, de l'individu abstrait et du cosmopolitisme, il s'est fait le premier champion moderne de la prudence et de la permanence en politique.

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© Portrait of Edmund Burke de James Barry (1774)

Novembre 1790 : en signant ses Réflexions sur la Révolution de France au succès tonitruant, Edmund Burke (1729-1797) formalise le tempérament contre-révolutionnaire, et devient par la même occasion le père du conservatisme moderne. En Albion, il est applaudi par les Tories mais divise son camp – Thomas Paine lui répond par son virulent Droits de l’homme. Pendant longtemps, les émigrés de Coblence en font leur bréviaire, avant de passer au providentialisme maistrien. Traduit outre-Rhin par Friedrich von Gentz, futur bras droit de Metternich, il attise la flamme romantique et devient l’arme de résistance contre la pénétration des idées révolutionnaires via l’impérialisme napoléonien.

Bien que Whig, cette critique univoque de la Révolution est en parfaite cohérence avec ses positions antérieures. Député aux Communes, il prend fait et cause pour son Irlande natale puis pour les colons anglais installés en Amérique, non pas qu’il soit favorable à l’indépendance – il la regrettera et rêvera d’une réintégration – ni aux idées revendiquées, mais plutôt qu’il cherche à préserver les coutumes institutionnelles contre le pouvoir personnel de George III. Surgit alors la Révolution française, à laquelle Burke s’oppose au nom du même droit de la continuité. Quiconque a lu ses Réflexions aura été frappé par leur désordre : pensé au départ comme lettre adressée à Charles-François de Pont, conseiller au Parlement de Paris, l’écrit s’est transformé au fil des humeurs en un pamphlet copieux et fiévreux où Burke, en plus de prédire les futures atrocités de la Terreur, condamne les droits de l’homme et la tabula rasa révolutionnaire – et avec eux les interprétations démocratiques de la Glorious Revolution. [...]

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