Vincent Léglantier est le président de l’association des vignerons du Sézannais (Champagne Sud). Le chef d’entreprise est à la tête d’une équipe de dix bénévoles pour organiser la fête de la Saint-Vincent 2024. « Je suis le seul homme de l’équipe, se réjouit Léglantier. La Champagne est la région viticole de France où le métier de vigneron se féminise le plus. » Si la présence du sexe faible égaye notre président vigneron, point de vue mobilisation des jeunes, c’est moins rose. « Nos participants sont de plus en plus âgés. Les jeunes vignerons sont peu intéressés par l’action collective et les traditions » se désole Léglantier. « Il y a vingt-cinq ans, lorsque j’étais gosse, nous étions cent participants dans notre village de Saudoy. Aujourd’hui pour atteindre ce chiffre, nous devons nous réunir à cinq communes. »
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Chaque année en Champagne, le rituel séculaire est identique. Après la célébration religieuse, suivent les festivités. Un grand repas est pris en commun. C’est l’opportunité de se retrouver en famille, entre amis. « Au moment du vin d’honneur, explique Vincent Léglantier, nous délivrons les médailles et les diplômes. » Il faut en effet être diplômé pour pouvoir tailler la vigne. « Personnellement, ajoute le président vigneron, je vais recevoir cette année un diplôme d’honneur pour services rendus à la communauté champenoise. » Le vin d’honneur est clos par la transmission des bâtons de saint Vincent aux futurs organisateurs des festivités.
Dans tout le pays, ces fêtes du terroir permettent de maintenir l’unité d’un monde rural en pleine mutation. Depuis des décennies, on vit à la campagne comme on vit en ville. Un même imaginaire urbain, véhiculé par les réseaux sociaux, stimule un individualisme galopant.

Une même frénésie pour la tabula rasa piétine le temps long et les traditions. En réaction, les plus âgés font de la résistance. En Bretagne, la confrérie des Goustiers organise tous les 15 août à Guémené la fête de l’andouille traditionnelle. Au cours de ces festivités, 2 500 « andouille-purée » sont servis. Cette grande bouffe est précédée par un défilé où la confrérie défile en costumes et étendards du Moyen Âge. C’est aussi l’opportunité de montrer au public comment on travaillait autrefois, comment on vivait, comment on s’entraidait. Les ruraux ayant été majoritaires en France jusqu’en 1927, de nombreux Français ont un ancêtre paysan. Le monde de la terre est notre berceau.

En Provence, le plateau de Valensole est un lieu renommé pour la lavande. Chaque année à la fin de la fleuraison, au moment où les tiges sont coupées, la municipalité de Valensole organise la fête de la lavande. Les bénévoles défilent en costumes traditionnels au son des flûtes et des tambourins. Un imaginaire rural emprunté au dix-neuvième siècle. Ces festivités attirent 30 000 touristes qui viennent pour le spectacle et pour goûter aux produits artisanaux.
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Depuis une quinzaine d’années, la fête de la lavande est devenue un rendez-vous incontournable des touristes chinois. En 2006, commence la série à l’eau de rose Yi Lian you mèng (« Rêves derrière un rideau de cristal ») dont plusieurs épisodes ont été tournés à Valensole. Diffusée en Chine, à Taïwan et à Hong Kong, la série est vue par des centaines de millions de spectateurs. Depuis, les amoureux chinois viennent se faire photographier dans les champs de lavande du plateau de Valensole.





