C’est le ténor le plus impressionnant de la jeune génération. En quelques années, Jonathan Tetelman est passé du statut de promesse à celui de vedette, se voyant convoité par les scènes les plus prestigieuses, et signant un contrat exclusif avec le label Deutsche Grammophon, qui l’a choisi pour un album consacré à Puccini.
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Une nouvelle anthologie, aussi complète que possible pour un seul CD, de ces héros, habités voire hantés par l’amour, conçus par le plus moderne, le plus populaire, le plus raffiné des compositeurs d’opéra, dont on célèbrera les cent ans de la mort en 2024. La richesse du timbre, l’éclat lumineux de l’aigu, la splendeur du legato, le mordant de la diction révèlent dans la voix de l’Américain aux origines chiliennes le modèle d’un Pavaroti, aussi bien que l’exemple plus proche d’un Kaufmann, dont Jonathan Tetelman aspire légitimement à détrôner la place de grand ténor contemporain. La fougue de certains rôles lui convient mieux que la mélancolie d’autres – plus convaincant dans le pathos de Ramirez (La Fille du Far West) ou de Luigi (Il Tabarro) que dans la sensualité de Cavaradossi (Tosca). La splendeur de la ligne, quand la puissance ne vient pas nuire à la psychologie, emporte l’auditeur dans une extase d’un autre temps. L’habitude de la scène lui fera peaufiner le sens de l’incarnation.
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Mais goûtons déjà ce talent immense, servi par quelques partenaires de luxe (Federica Lombardi dans les extraits de La Bohème), la baguette étincelante de Carlo Rizzi et une prise de son aussi généreuse que le protagoniste.

PHILHARMONIA, dir. CARLO RIZZI – Deutsche Grammophon, 19,99€





