[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1513237680172{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
Théâtre du calvaire et de l’assassinat d’Ilan Halimi, Bagneux est symptomatique de ces territoires au sein desquels l’antisémitisme arabo-musulman prolifère comme la peste.
7 novembre 2017, 20 heures. La nuit est noir calciné et la température ressentie frise celle du pôle Nord. Une centaine de personnes emmitouflées dans d’épais manteaux se recueillent au parc Richelieu à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. À leurs côtés, le maire PCF de la ville, Marie-Hélène Amiable, inaugure une nouvelle plaque en hommage à Ilan Halimi. La précédente a été profanée à coups de pieds et d’insultes, par des vandales qui se sont évaporés dans la nature. L’émotion est vive, à la mesure du symbole : cette plaque rappelle la tragédie de ce jeune homme séquestré et torturé vingt-quatre jours dans la cage d’un immeuble HLM, avant de succomber à ses blessures sur les rails du RER C. « Le gang des Barbares », mené par Youssouf Fofana, voulait extorquer 450 000 euros à ses parents qu’il pensait « bourrés de thunes » parce qu’ils étaient juifs.
En banlieue, l’antisémitisme quotidien est arabo-musulman
C’était il y a onze ans, mais la communauté juive peine à panser sa plaie. Sans doute parce qu’elle sait que ce meurtre a ouvert un nouveau chapitre de l’histoire de l’antisémitisme en France. Bien avant les meurtres de Merah à Toulouse, bien avant ceux de Coulibaly à l’Hyper Cacher ou l’assassinat de Sarah Halimi, massacrée et défenestrée à Belleville pendant la dernière campagne présidentielle. Le meurtre d’Ilan était l’aboutissement d’un mouvement amorcé au début des années 2000, où les actes antisémites, qui vont de l’insulte « sale juif » au coup de poing gratuit, ont progressé de façon fulgurante : entre 1999 et 2000, le nombre en a été multiplié par neuf, passant de 82 à 744.
Cet antisémitisme d’importation s’est répandu après les vagues d’immigration venues du Maghreb. Il se mêle à la délinquance ordinaire, à la précarité
Fait nouveau : cet antisémitisme a changé de visage. Ses porte-voix ne sont plus des cohortes de nazillons au crâne rasé et à la mine diaphane qui invoquent le déicide ou une « hiérarchie des races » pour justifier leurs actes, ce sont des individus en jogging, issus de la culture arabo-musulmane, supporteurs de « la cause palestinienne ». Cet antisémitisme d’importation s’est répandu après les vagues d’immigration venues du Maghreb. Il se mêle à la délinquance ordinaire, à la précarité, en bref à la misère sociale, et s’enracine dans ces quartiers populaires où l’on vante « la mixité sociale » quand il est question du confinement des mêmes groupes socio-culturels sur les mêmes lieux. Des Bagneux, il y en a des dizaines en France, on les nomme aussi « territoires perdus de la République », parce que l’État peine à s’y faire respecter.
Des territoires de la République interdits aux Juifs ?
Dans ces zones, mettre une kippa dans la rue relève d’un acte de résistance dans la mesure où le rapport de force est d’emblée perdu : les juifs représentent moins d’1 % de la communauté nationale. Les plus défavorisés subissent la double peine car ils n’ont pas les moyens de fuir quand les plus aisés migrent vers des territoires plus bourgeois et plus sécurisés, comme le 16e ou le 17e arrondissement de Paris : on appelle cela « l’alyah intérieure ».
Lire aussi : Pour Mediapart, l’islamisme n’est pas une chose grave
Une poignée d’entre eux opte pour une solution plus radicale : ils mettent leur vie dans des cartons et s’envolent pour Israël. C’est le choix de Myriam, le personnage de Houellebecq dans Soumission, mais aussi celui de Ruth Halimi, la mère d’Ilan, qui a préféré inhumer son fils sur les collines de Jérusalem, au cimetière de Givat Shaül, pour éviter que les petites frappes ne puissent s’offrir le luxe de venir « cracher sur sa tombe ».
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





