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Cette guerre d’Algérie qui n’a jamais fini…

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Publié le

3 février 2025

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Crépol, Lola, DZ Mafia, France Inter : la guerre d’Algérie n’a jamais été terminée et se poursuit par d’autres moyens.
© Romée de Saint Céran

Deux juillet 1962, les derniers commandos Delta de l’OAS quittent Alger. Ils auront mené une lutte héroïque. Gigantesque. Dos au mur. Contre tous. On s’en souvient peu mais à la fin de l’Algérie française… vers avril1962… alors que le FLN enlève des Européens et laisse leurs cadavres, couilles dans le bec, dans les rues… l’armée française a entrepris de collaborer avec les fellaghas algériens pour éliminer les dernières poches de résistance de l’Algérie française. Le maquis que le Bachaga Boualem et sa harka tentent de monter dans l’Ouarsenis est même bombardé par l’aviation tricolore ! Et alors que les Deltas résistent armes au poing dans les derniers recoins de Bab El-Oued, le pouvoir gaulliste vide les prisons des fellouzes. Qui s’empressent de reprendre du couteau pour mettre une dernière touche artistique au carnage.

En quelques semaines, l’armée, la police et la justice françaises seront passées de la lutte anti-FLN aux côtés des Français d’Algérie à la lutte anti-Français d’Algérie avec le FLN ! Car l’administration française d’Algérie, dans son ensemble, est restée loyaliste jusqu’au bout et a obéi aux ordres. Jusqu’à livrer avec CERFA dûment rempli la population européenne mais aussi les harkis et les messalistes aux nouveaux maîtres. Incroyable !

Du Djebel à Sarcelles

La France, c’est ça : une administration qui fonctionne, même dans l’absurde. Même contre les Français ! En 40, c’était Vichy, en 62 c’était Alger. Aujourd’hui, c’est partout.

Et que dire de la gauche et de la « droite modérée » qui n’ont, eux aussi, guère changé depuis 62. Tiens ! Certains hurluberlus du bled, les « pieds-rouges », ont même cru pouvoir rester en Algérie et construire le socialisme du Sahara. J’en ai connu un ! Vieux prof de lycée coco. Porte-valoches. Il était resté en 62. En 92, le voilà arrivé comme un con à Marseille par un matin terrible. 30 ans après l’exil des pieds-noirs ! Ah bah c’était le début de la « décennie noire ». Les types du GIA n’avaient pas compris le concept d’islamo-gauchisme et lui ont bien fait savoir. Avec force détails techniques tirés d’un manuel de boucherie halal.

Lire aussi : « L’Enfant d’intérieur », le nouvel Homo urbanus

La guerre d’Algérie n’a jamais fini entre « eux » et « nous », mais il n’y avait que lui à ne pas l’avoir compris.

Jamais fini. Car ici, aujourd’hui, la lutte ne se mène plus dans le Djebel mais à Crépol ou au pied de ton Super U, lecteur. Les katibas ont quitté Tlemcen et sont arrivées à Limoges. D’ailleurs, techniquement parlant, aucun traité de paix n’a été signé entre Paris et Alger. Eh oui ! Les accords d’Évian étaient un simple cessez-le-feu et une feuille de route pour un référendum d’auto-détermination.

Du FLN à la DZ Mafia

Ces accords auront surtout été un billet de départ. Des 1 200 000 Français d’Algérie en premier lieu. Mais également des 8millions d’Algériens qui, une fois les confettis de l’indépendance retombés sont arrivés en France pour continuer la « guerre de libération », mais d’une autre manière. À la braguette ! En « libérant la Seine-Saint-Denis » du « colonisateur », par exemple ! Vous voyez, on avait peur des chars russes à la Concorde, finalement nous aurons eu les chameaux algériens à la Goutte d’Or !

Et puis l’environnement politique n’a pas vraiment évolué non plus. Comme en 62, la justice et l’administration continuent de collaborer. À l’instar de la gauche ! D’ailleurs, si LFI pouvait installer un maquis FLN en Seine-et-Marne, elle le ferait ! La droite à bite molle, toute frétillante de plaire aux Inrocks, joue sa petite part de lâcheté elle aussi. Comme les gaullistes de 62. Maintenant, elle appelle ça la « modération » et « l’humanisme ». Il en faut de l’imagination !

Crépol, Lola, DZ Mafia, France Inter : la guerre d’Algérie n’a jamais été terminée et se poursuit par d’autres moyens. Finalement, si les morts de la « crise de l’été 62 », période durant laquelle le FLN liquide ses derniers concurrents algériens, revenaient aujourd’hui à la vie mais à Bobigny, ils ne verraient pas grand changement…

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