On discerne une seule idée, liminaire, dans l’ignoble biopic de Michael Gracey sur Robbie Williams : le faire jouer par un chimpanzé numérique. Better Man n’est autrement qu’une version du Vilain Petit Canard d’Andersen modernisée dans le style hystéro-pubard du Loup de Wall Street, en encore moins bressonnien si c’est possible. En fait de cygne, le gavroche dickensien, quitté par son pôpa puis sa mamie morte d’Alzheimer, devient un blaireau multivendeur, drogué et queutard (le film ne s’aventure guère sur ce terrain, au moins apprend-on qu’il s’est tapé toutes les Spice Girls sauf une).
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Avec une laideur frénétique, le réalisateur accumule les scènes fantasmatiques à effets, accident de voiture, combats à La Planète des singes et citation risible de 2001. Le volume sonore est augmenté à chaque numéro musical, histoire que le spectateur sorte sourd ou débile de la salle. « Allez-vous faire foutre ! » nous lance Williams, à la toute fin. Pas besoin, le film remplit parfaitement cet office.
BETTER MAN (2 h 16), de Michael Gracey, avec Robbie Williams, Jonno David, Steve Pemberton, En salles le 22 janvier.





