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« Presence » : naissance des fantômes

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Publié le

5 février 2025

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« Le scénario de David Koepp se contente du minimum syndical, mais c’est un minimalisme qui fait mouche – la peinture de mœurs n’étant que plus réussie lorsqu’elle est dégraissée de certaines coquetteries. » Notre critique du film « Presence » de Steven Soderbergh.
© Presence

Steven Soderbergh, que personne n’attend plus depuis au moins Hors d’Atteinte, a donc commis un film de fantômes. On était quand même curieux, au vu d’une bande-annonce qui annonçait un croisement entre Cassavetes et Paranormal Activity. Et de fait, avec cette petite histoire de famille dysfonctionnelle vue à travers le point de vue d’un spectre, Soderbergh dit quelque chose sur les États-Unis et sur la désertion affective qui touche ces familles bourgeoises incapables de communiquer – des familles qui hantent elles-mêmes comme des spectres des maisons trop grandes pour elles et pour leurs cœurs étriqués. Le scénario de David Koepp (scénariste culte de Spielberg et de Zemeckis, tout de même) se contente du minimum syndical, mais c’est un minimalisme qui fait mouche – la peinture de mœurs n’étant que plus réussie lorsqu’elle est dégraissée de certaines coquetteries.

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Quant au parti pris de mise en scène – une caméra embarquée « vue du spectre », que Soderbergh manipula lui-même, il ne fonctionne qu’à moitié parce que ce dispositif réduit parfois la mise en scène à une succession de plans séquences finalement assez peu expressifs, à part dans ces quelques rares moments, assez intrigants, où la caméra semble « jouer » elle-même des expressions humaines. Une curiosité malgré tout – jusqu’à ce plan final qui fait bizarrement écho au fabuleux Here de Zemeckis, comme si les deux films dialoguaient en reposant l’élémentaire question morale qui est au cœur du cinéma : celle du point de vue.


PRESENCE (1 h 25), de Steven Soderbergh, avec Lucy Liu, Chris Sullivan, Callina Liang, en salles le 5 février.

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