Cette « comédie » sinistre convoque toutes les thématiques sociétales d’époque brossées dans le sens du poil avec une remarquable absence de talent. Le point de départ était pourtant presque excitant : une flic infiltre un groupe néo-fém, persuadée qu’elles ont poussé à l’assassinat d’un homme violent par son épouse. Sur le point d’être démasquée, elle redore son blason en se déclarant elle-même victime d’un violeur dans sa jeunesse. L’un des 152 quiproquos du film identifie le violeur en question comme un brave type, minable acteur de complément, compagnon parfait et homme d’intérieur qui s’occupe de ses enfants odieux, pendant que Madame, comédienne reconnue, brûle les planches. Accusé à tort, le malheureux voit son monde chanceler, pendant que l’inspectrice sous couverture développe un soupçon de culpabilité. Des débilos de notre connaissance ont émis le soupçon horrifié qu’un tel script remettrait en cause la Révolution #metoo. On les rassure : un réalisateur qui caste Judith Chemla en pasionaria féministe ne va pas cracher dans la soupe et au contraire veiller à ce que tous les condiments piquants soient tenus hors de portée.
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On remarquera quand même qu’un désir souterrain d’humiliation anime Leclerc et qu’il parvient à l’exprimer sur trois personnages. Benjamin Lavernhe, soi-disant homme déconstruit, est représenté en futur cadavre, agonisant pour une campagne de pub contre la cigarette. Jamais il ne quittera son statut de lavette, rendant la conclusion absolument invraisemblable (la flic le baise dans un autoproclamé « Mausolée du mâle alpha »). Ensuite, les deux seconds rôles tenus par des acteurs maghrébins et qui retiennent l’attention par la méchanceté de l’écriture ; ils sont volontairement enlaidis et jouent deux niais méprisés de tous, l’un du côté de la Loi, l’autre du côté du châtiment. Le Mélange des genres se clôt sur la concorde retrouvée, chacun à sa place, tandis que les vilains mascus sont châtiés avec le chef des Papas fachos zigouillé par inadvertance, sans que personne n’y trouve rien à redire. Comme on est sympa, on sauvera les trois plans burlesques où Lavernhe se bat avec une bouteille et des verres récalcitrants. Mais tout le reste est un immonde téléfilm qui confond Billy Wilder et Propagandastaffel version Sandrine Rousseau.
LE MÉLANGE DES GENRES (1 h 43), de Michel Leclerc, avec Léa Drucker, Benjamin Lavernhe, Melha Bedia, en salles le 26 avril.





