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Tanaland, le meilleur des mondes des néo-féministes

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Publié le

30 avril 2025

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Dernière lubie d’Internet, le monde virtuel Tanaland, sorte de safe space féministe interdit aux hommes, a fait son apparition à l’automne dernier alors que le procès des viols de Mazan venait de remettre sur le tapis l’éternel débat autour de la « culture du viol » et où l’on glosait pour savoir si le slogan « not all men » avait droit de cité (ou non). Il est surtout la triste illustration des paradoxes du néo-féminisme.
© Capture d’écran YouTube

Tout commence le 16 septembre 2024 par une courte vidéo postée sur le réseau favori de la génération Z TikTok dans laquelle Salimatou, une élève de terminale de 18 ans plus connue sous le pseudonyme d’Hadja_bh2, annonçait officiellement faire ses valises pour rejoindre le monde merveilleux de « Tanaland ».

Combattre la misogynie et le patriarcat en revendiquant un qualificatif synonyme de péripatéticienne

À l’origine de cette décision, il y a d’abord la récente décision de la plateforme chinoise de durcir ses règles de modération. Incités à contourner la réglementation pour tromper la vigilance des algorithmes, des vagues de jeunes hommes de moins de 20 ans ont alors eu l’idée lumineuse (ou non) d’utiliser le terme de « tana » (abréviation du mot « putana » en espagnol) pour insulter en toute quiétude les jeunes femmes coupables (selon leur point de vue) d’assumer un peu trop leur féminité avec des tenues suggestives ou un maquillage un peu trop appuyé. Faisant le choix de se réapproprier ce terme aussi péjoratif soit-il plutôt que de le rejeter purement et simplement, une poignée de jeunes femmes, en premier lieu desquelles figuraient de jeunes influenceuses comme Lucile ou Polska, ont laissé libre cours à leur imagination (mais pas trop non plus, recours à l’IA oblige !) pour créer de toutes pièces un monde virtuel dominé par l’omniprésence du rose, marqué par son absence de représentants du genre masculin et où les propos sexistes seraient bannis voire tout bonnement inexistants.

Aux dernières nouvelles, ce monde virtuel, qui bénéficie d’une météo aussi clémente que celle de la Californie, ne compterait pas moins de 18 millions d’habitantes. Il dispose d’ores et déjà d’un drapeau et d’un passeport rose bonbon, d’une capitale (Tanacity), d’un hymne national et peut-être aussi bientôt d’un gouvernement à la tête duquel certains ont proposé le nom de l’inénarrable Aya Nakamura ! En bref, l’utopie « Tanaland » ne serait rien d’autre qu’une version bling-bling et néo-féministe du metaverse, inspirée de l’univers du film Barbie de Greta Gerwig (sorti en 2023), rivalisant de vulgarité avec Dubaï et peuplée de femmes « coquettes » et ultra-libérées calquées sur le stéréotype de l’influenceuse.

Lire aussi : Victor Lefebvre : « Wikipédia est devenue une bulle de filtre idéologique »

Certes, l’initiative n’est pas nouvelle : l’aventure liée à l’univers virtuel « second life » avait fait florès dès 2003 avant d’entamer un lent déclin jusqu’à la fin de la décennie. Ce qui en revanche est inédit, c’est l’idée de créer un monde interdit à un genre qui constitue la moitié de l’humanité sous couvert de lutter contre les clichés sexistes. Si le but poursuivi par les créatrices de « Tanaland » (à savoir combattre le sexisme en usant de méthodes pacifistes) paraît louable sur le papier, la démarche empruntée par ces dernières pour arriver à leurs fins est nettement plus discutable. En effet, comment se dire inclusif (même si « Tanaland » n’est qu’une vaste blague assumée par ses conceptrices) en réservant un accès exclusif aux femmes ? De même, il est pour le moins surprenant de vouloir combattre la misogynie et le patriarcat en revendiquant un qualificatif synonyme de péripatéticienne et en mettant en avant une conception de la féminité hypersexualisée.

Enfin, signe que néo-féminisme et masculinisme ne sont la plupart du temps que les deux faces d’une même pièce, une poignée d’hommes (parmi lesquels le créateur de contenus Abrège frère) ont choisi de répondre à la misandrie en créant le miroir inversé (on pourrait dire le « doppelganger ») de « Tanaland ». Composé à partir du mot d’argot « charo » (abréviation de « charognard » et synonyme en bon français de coureur de jupons), le monde virtuel « Charoland » se veut la réponse masculiniste à « Tanaland », autrement dit un monde où les femmes seraient réduites à l’état de quartier de viande sur pattes et où les hommes pourraient enfin satisfaire leurs besoins sexuels sans se préoccuper de notions accessoires telles que le consentement ou l’émancipation féminine !

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