Une équation fatale veut que la plupart du temps, cinéma roumain = des blaireaux en bisbille qui font la gueule ou s’apostrophent pendant deux heures et des poussières. Libertate de Tudor Giurgiu la contourne en partie. Ce récit de la révolution roumaine de 1989 sise dans l’un de ses épicentres, la ville de Sibiu, est vif et enlevé comme le Bloody Sunday de Paul Greengass, la caméra nauséeuse en moins. On suit un flic dans sa tentative de survie avec d’autres suppôts du régime finalement parqués dans une piscine vide.
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Un demi-monde de collabos, de mouchards et d’innocents se trouve traité à la même enseigne cependant que d’anciens gradés qui retournent leur veste sans s’apitoyer outre mesure sur le sort de leurs jadis subordonnés. Malgré une réelle ampleur, l’omniprésence du grotesque interdit au tragique d’opérer, à l’image des passages ratés avec un père endeuillé. Si l’antienne finale « Tous pourris » rabat un peu facilement sur le cinéma de la faute, Libertate se suit néanmoins avec intérêt.
LIBERTATE (1 h 49), de Tudor Giurgiu, avec Alexandru Papadopol, Alex Calangiu, Ionut Caras, en salles le 21 mai.





