??À Lorient, personne ne voit la mer : c’est la mer qui vous voit. Ça ressemble à du mauvais Victor Hugo. Je l’ai entendu pourtant, croyez-moi ou non, dans un de ces rares bars que fréquentent encore certains marins, aux heures pâles de la nuit, lorsque les derniers pubs à la mode expulsent leurs viandes saoules, claudiquantes sur des talons trop hauts et dans des jupes trop courtes. Il faut dire que l’amour des femmes celtes pour les tenues provoquantes, y compris en plein hiver, n’est pas un mythe : les Lorientaises, un peu rustres mais anguleuses et belles comme des figures de proue, avec cette défiance liquide dans les yeux qu’elles doivent à des gènes contisés par des générations d’alcoolisme, fendent la nuit de décembre juchées sur leurs chaussures compensées, inconséquentes comme seules savent l’être les étudiantes en province. […]
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