Jean Berthier a grandi à Saint-Galmier, le village où l’on extrait la Badoit, et sans doute un genre de pétillance naturelle lui vient-il également d’un tel terreau. Vite voué à la littérature, mais aussi au cinéma, il monte après ses études galérer à Paris, navigue en tentant de conserver le temps nécessaire pour créer, enseigne le cinéma, tourne ses premiers films documentaires, publie des textes en revue et se fait également employer comme lecteur pour la télévision publique. De cette expérience de prolétaire de l’industrie du divertissement, il tirera une savoureuse satire pour son deuxième roman, Ici commence le roman (2021), qui s’avèrera, à l’usage, plus caustique qu’il l’avait imaginé. « Je crois que c’était la première fois qu’on faisait intrusion dans ce lieu où l’on choisit les fictions, or l’idéologie, aujourd’hui, se glisse parfois davantage dans les fictions que dans les informations. » Dans un tout autre registre, il a écrit et réalisé un film sur les traces de la guerre de 14, traces physiques comme psychiques, lesquelles lui paraissent plus profondes et persistantes qu’on le constaterait à l’œil nu. Un autre fut consacré à La Fontaine, non sans grandes difficultés : « Cela aussi, c’est une grande leçon sociale et esthétique, qu’on ne puisse pas compter sur le service public pour monter un film sur l’un des auteurs français les plus monumentaux, pourtant phare de l’école publique, et qu’il faille se débrouiller avec des bouts de ficelle. » Heureusement, une autre chaîne s’engage et le film éclot : La Fontaine par cœur sur Wéo (télé des Hauts-de-France). […]
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