Berlin ne se donne pas facilement. C’est pour ça qu’on l’aime. Surtout en décembre, où la Ville Grise prend tout son tempérament : hostile, glaciale, cadenassée. Peuplée de courants d’air. Mais foutrement accueillante aussi, à condition qu’on prenne le temps de s’y acclimater. Qu’on passe certaines portes, qu’on s’aventure dans ses sous-sols, là où la jeunesse du coin s’encanaille à coups de mexi – ces délicieux mélanges de vodka et de tabasco qu’on prend en shot entre deux pintes de bière, histoire de rallumer un peu son gosier anesthésié. Il y a un bar pour tous les états d’esprit à Berlin. Justina Jaruševi?i?t?, cette jeune compositrice lituanienne que j’ai découverte il y a trois ans en fouillant les recoins de Youtube, n’est pas du genre à fréquenter les endroits pour hipsters. D’ailleurs, elle vit à Berlin-Est, à proximité de Rosenthaler Platz, pas l’endroit le plus délirant de la ville, avec ces espèces de troquets typiques du coin, les « kneipe » qui ne payent pas de mine, limite un peu glauques, avec leurs boules à facettes qui tournent mollement dans un coin du plafond encrassé, et qui ocellent un instant les murs en fatigue. Sans compter qu’on y fume beaucoup, ici l’odieuse Loi Evin n’a pas cours et il me faut cligner des yeux deux ou trois fois pour reconnaître mon interlocutrice. […]
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