La première fois ce fut à l’aube, à la sixième heure. Le chevalier avait surgi sur le parvis de la petite église du xiiie siècle, au centre du village. C’est le boulanger qui l’avait aperçu ; il crut rêver. L’homme portait un heaume, une armure sombre et une grande épée à double tranchant. Il s’était agenouillé, son épée plantée devant lui comme une croix présentée au porche : un Christ rédempteur lui faisait face. Le tableau était joli, s’était dit le boulanger, une scène presque trop parfaite, baignée par la lumière jaune que la mairie avait installée depuis peu pour mettre en valeur l’église romane. Passé la surprise, il s’était essuyé les mains sur son tablier avant d’aller à sa rencontre. Mais le chevalier avait disparu. Le boulanger n’avait pas osé en parler ce matin-là, mais quelques mois plus tard, lorsque le preux était revenu en plein jour, il avait pu délier sa langue. […]
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