Faire un bon film sur la collaboration, c’est peut-être d’abord ça : comprendre ce qui a survécu du nazi en nous. Comment les démocraties modernes ont pu composer avec les nazis qui ont survécu, d’une part, mais aussi comment le nazisme a survécu dans nos cœurs. Xavier Giannoli s’empare du sujet à bras-le-corps, c’est le moins qu’on puisse dire. Imaginez un peu : une fresque de plus de trois heures sur deux figures oubliées (ou soigneusement mises sous le tapis) du collaborationnisme : le magnat de la presse Jean Luchaire et sa fille Corinne, starlette des années 30 que l’Occupation a freiné dans son élan et vouée à devenir, dans la mémoire de tous, une « pute à boches ». Tous deux ont profité des fastes et des largesses obtenues grâce à Otto Abetz, ami proche de Luchaire qui devient ambassadeur du Reich dans le Paris occupé, et se sert de leur aura pour cimenter une pseudo-amitié franco-allemande – au moment même où la rumeur des Alliés commence à donner à la France occupée un parfum de cendres. […]
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