Après une Saint Matthieu fulgurante en 2022, Raphaël Pichon aborde l’autre sommet du diptyque pascal de Bach : La Passion selon saint Jean. Plus ramassée, plus tendue vers le récit, plus théâtrale aussi, elle semble mieux convenir à la battue souple et ardente du chef, qui l’a beaucoup fréquentée en concert avant cet album. Une lecture incandescente, marquant les traits et exaltant les contrastes : urgence dramatique plutôt que contemplation, clarté incisive davantage que clair-obscur. Le geste de Pichon, à la fois lyrique et impétueux, insuffle un pathos très humain (trop ?) à ces contrepoints inouïs, à ces couleurs imprévisibles, à ces harmonies sidérantes, dans un paroxysme de tension digne d’un Caravage.
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Le chœur Pygmalion impressionne par sa netteté, sa souplesse dynamique, sa puissance expressive, dès le « Herr » inaugural, électrisé par un tempo parmi les plus vifs de la discographie. Un éclat magnifié par une prise de son luxuriante, plaçant chœur et solistes au premier plan. Le plateau fait rêver, avec l’Évangéliste de Julian Prégardien, subtil et plein de compassion, le Pilate torturé de Christian Immler, ou le ténor éloquent de Laurence Kilsby. Et si Lucile Richardot offre un sublime « Es ist vollbracht », soutenu par la viole de gambe envoutante de Julien Léonard, deux révélations s’imposent : Huw Montague Rendall, Jésus aux mille nuances d’autorité, et Ying Fang, soprano radieux au phrasé limpide. Il ne manque qu’un ingrédient pour nous fendre le cœur : la même ferveur religieuse que le compositeur a mise dans sa partition.
Bovary Madame, de Christophe Honoré , Avec Avec Harrison Arévalo, Jean-Charles Clichet, Julien Honoré, Davide Rao, Stéphane Roger, Ludivine Sagnier, Marlène Saldana 2h25. Jusqu’au 16 avril au Théâtre de la Ville.





