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Le Canon français : tirs de riposte

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Publié le

12 mai 2026

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Il faut croire que la gauche déteste par essence tout ce qui touche de près ou de loin à la France. Fin avril, la députée insoumise Emma Fourreau, n’écoutan que son courage, a tenté de faire interdire le banquet du Canon français à Caen. En cause, des accusations fallacieuses, relayées par le Follicule des Délations Officielles, Libération, qui voudrait faire de la start up, montée en 2020, la nouvelle arme de nazification massive de la France rurale. Droit de réponse avec l’un des fondateurs du Canon, Pierre-Alexandre de Boisse.
© Benjamin de Diesbach

Pouvez-vous revenir sur les évènements survenus à Caen ?

Nous avons organisé à Caen notre banquet géant traditionnel, qui s’est révélé être un grand succès, avec plus de 4 300 participants. La députée insoumise Emma Fourreau a tenté de faire interdire la tenue du banquet en lançant une pétition… au prétexte que nous serions des nazis, des misogynes et des agents de l’extrême-droitisation des esprits.

Je tiens d’abord à dire qu’il s’agit d’accusations fausses et extrêmement graves, qui ont été d’ailleurs en partie montées par le journal Libération. Nous avons un service de sécurité très compétent qui ne laisserait jamais passer quoi que ce soit de politisé, et encore moins d’illégal – comme un salut nazi. Nous serions les premiers à évacuer des personnes qui se livreraient à de tels actes et d’ailleurs nous avons rédigé une charte dans laquelle nous proscrivons clairement toute démonstration politique ou militante. C’est du bon sens, a fortiori lorsque vous réunissez autant de personnes autour d’une table avec de l’alcool : c’est à nous d’éviter les discussions houleuses, voire l’effet « repas de Noël » qui finit fatalement en invectives. Au contraire, nous sommes là pour rassembler les gens et recréer du lien. Ce qui implique que chacun soit respectueux, et chacun l’est.

En tout cas, cette histoire prouve bien l’étroitesse d’esprit d’une certaine gauche qui est devenue intolérante à tout ce qui sonne trop « français » pour elle. Effectivement, notre « faute » originelle, c’est d’avoir mis la France au centre de nos banquets. Nous revendiquons la défense de notre patrimoine, de notre gastronomie, de nos terroirs, de notre variété. À ce que je sache, le saucisson n’a aucune couleur politique. Les élus devraient plutôt nous soutenir que de nous mettre des bâtons dans les roues. Vouloir censurer la culture, sous toutes ses formes, c’est très grave.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être instrumentalisés par Pierre-Édouard Stérin, dont le fonds d’investissement est un de vos actionnaires ?

Je leur répondrais qu’ils fantasment beaucoup. Et qu’a priori dans un pays libre comme la France, aucune société privée n’a à s’expliquer sur qui elle choisit comme sous-traitant, actionnaire, ou fournisseur. Pierre-Édouard Stérin figure en effet parmi les partenaires business du Canon français, mais c’est un partenaire, au même titre que n’importe quel autre vigneron ou charcutier qui va nous fournir des produits. Si Pierre-Édouard Stérin n’a pas le droit d’investir en France, dans ce cas-là il faut le dire, et nous respecterons la loi… Mais, à ce qu’il me semble, il n’existe aucune loi qui interdit d’avoir Pierre-Édouard Stérin à son capital. D’ailleurs, il n’était pas à l’initiative du projet, et rien n’indique qu’il restera jusqu’au bout. Le but d’un fonds d’investissement, c’est d’investir, d’attendre quelques années, d’aider au développement et de repartir.

D’ailleurs, le Canon français n’est parti au départ que d’une simple envie de soutenir un de vos amis vignerons…

Exactement. Quelque part, le Canon français est un produit du confinement. Un de nos amis vignerons ne pouvait plus vendre son vin aux restaurateurs à cause du confinement, nous avons décidé de lui donner un petit coup de pouce en lui rachetant une partie de sa production pour la revendre en ligne. Ensuite, notre activité s’est étendue, nous avons commencé à faire des cuvées avec d’autres vignerons. Quand les confinements ont été levés, l’idée nous est venue assez naturellement d’organiser nos premiers banquets pour écouler les surplus. Et forcément, le succès a été presque immédiat, il y avait une vraie attente de la part des gens, qui voulaient renouer avec le sens de la fête après deux ans de confinement… Il y avait un besoin presque revitalisé de cohésion sociale. C’est pourquoi nous avons décidé de bifurquer radicalement et de nous tourner uniquement vers l’événementiel. Depuis, notre activité n’a pas cessé de grandir.

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Comment expliquez-vous ce succès ? Quel est le socio-type du canonnier moyen ?

Les êtres humains sont des animaux sociaux. Tout le monde a besoin de se réunir, et surtout dans certaines régions un peu enclavées où l’importance de se retrouver est restée intacte – contrairement à ce que professent certains. Notre idée est plutôt humble à la base, il s’agit de fédérer le plus grand nombre autour de ce qui est admis par tous comme étant à la base de la culture française, raison pour laquelle on passe essentiellement de la variété française pendant les banquets. Beaucoup de gens se reconnaissent dans ces événements parce que leur dénominateur commun, c’est la France.

Quant au sociotype, on a vraiment de tout, même si les artisans, les commerçants ou les dirigeants de PME semblent être majoritaires. Nous avons aussi pas mal de pompiers, de forces de l’ordre, des gens du tertiaire, de personnes qui bossent dans l’industrie… La moyenne d’âge est autour de 35-40 ans, mais on a de plus en plus de familles et de plus en plus de personnes âgées qui commencent à s’aventurer dans nos tablées.

Comment travaillez-vous avec les producteurs locaux ?

Pour l’entrée, nous nous appuyons sur des charcutiers du coin, ou des producteurs locaux quand il y a d’autres produits. Nous essayons de nous adapter le plus possible à chaque région. Nous avons également cinq traiteurs partenaires qui quadrillent le territoire et qui sont en charge de la confection du plat principal et du service. Le cahier des charges, c’est de n’acheter que de la viande française et d’acheter le plus possible en circuit court. Même chose pour le fromage : nous travaillons directement avec des producteurs locaux, directement à la ferme, parfois avec des affineurs. Pour les vins, on sert en moyenne cinq vins différents tout au long du repas, uniquement de la production locale, sauf si la région n’est pas spécialement viticole, auquel cas nous avons évidemment nos propres références – puisque c’était tout de même notre métier originel !

Une petite anecdote pour convaincre les derniers réticents à participer au Canon ?

Des anecdotes, il y en a des tas ! Des demandes de mariage bien sûr, des retrouvailles entre bandes d’amis qui ne s’étaient pas vus depuis des années… Un monsieur est venu me voir un jour à la fin d’un banquet pour me dire qu’il était brouillé avec son voisin depuis vingt ans et que le Canon leur avait permis de mettre fin à cette brouille – juste parce qu’on les avait mis en face par hasard, sans les prévenir au préalable. C’est aussi ça le Canon, reproduire les conditions des rencontres fortuites, redonner sa chance au hasard, puisqu’il n’y a pas vraiment de placement de table. Redonner leur chance à l’égalité et au lien social, c’est notre valeur principale, et ceux qui nous fustigent devraient s’en souvenir.

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