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Diane de Bourguesdon… sort la sulfateuse

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Publié le

11 juin 2026

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L’hyper-classe mondiale va-t-elle finir par avoir raison des classes populaires ? Dans son premier essai, Diane de Bourguesdon revient sur les origines et sur les formes nouvelles du mépris de classe, depuis le « beauf » de Cabu jusqu’aux sorties d’Emmanuel Macron.
© Fayard

Peut-on avoir une particule et défendre la France des ronds-points ?

Sus à l’aristophobie ! Je m’élève contre cette scandaleuse assignation identitaire à mon patronyme ! Plus sérieusement, je pense qu’il est possible, encore heureux, de se préoccuper du sort de la France et de tous les Français, au-delà de son petit entre-soi confortable. A fortiori quand la France va mal et qu’une majorité de Français souffre.

À partir de quand la culture officielle s’est-elle mise à détester le prolo ?

Le prolétariat est devenu répugnant aux yeux de la gauche culturelle à partir du moment où il ne l’a pas suivie dans ses délires soixante-huitards (et à ceux de la droite libérale qui a décidé de se passer de l’ouvrier et de l’agriculteur). Le dessinateur Cabu a ouvert la voie en inventant le Beauf au début des années 1970, les cinéastes lui ont emboîté le pas, puis les humoristes, et enfin tout le monde médiatico-culturel. Un nouveau type d’humour est apparu sur Canal+ dans les années 1990, fortement américanisé et donc soumis au politiquement correct. Le périmètre de l’humour autorisé s’est alors resserré autour du Français ordinaire, le seul que l’on peut malmener : rappelons-nous la série des Deschiens qui ridiculisait les « ploucs ». Aujourd’hui avec le wokisme qui traque la moindre bavure phobique, le beauf est la figure du défouloir universel.

Lire aussi : Boualem Sansal – Pierre Vermeren : la France sous emprise algérienne

Est-ce que le golem du wokisme n’a pas fini par échapper à ses créateurs ?

Je ne peux m’empêcher de penser à cette séquence, lors d’un meeting du Nouveau Front populaire à Montreuil, où l’on voit la mine déconfite de Mathilde Panot, après que Rima Hassan vient de déclarer : « L’antiracisme a besoin de visages incarnés et non pas de porte-parole éloignés des réalités, cette époque du porte-parolat est révolue ! », appelant explicitement à privilégier l’élection de personnes non blanches. Nombre de cadres de LFI, à commencer par un certain mâle hétérosexuel de plus de 50 ans tout blanc tout moche, ne doivent pas dormir très sereinement.

IVG, euthanasie… Est-ce que l’hyper-classe mondiale veut vraiment en finir avec la « masse » ?

Tout est dans le terme « veut ». Hormis une poignée de personnages très malintentionnés et agissant à dessein, je ne pense pas que les élites se rendent parfaitement compte du monde qu’elles dessinent. Beaucoup de promoteurs de l’euthanasie et de l’avortement le font sincèrement au nom d’une conception de la liberté individuelle, que je ne partage pas mais qui est la leur, et non animés d’une volonté eugéniste. Je serais nettement plus circonspecte en revanche quant à ce qui se trame dans certains sommets très fermés de la gouvernance mondiale.


LES INDÉSIRABLES, DIANE DE BOURGUESDON, FAYARD, 128 P., 10 €

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