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Comment s’habiller à la plage sans passer pour un plouc ?

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Publié le

21 août 2026

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Puisque la plage est le lieu par excellence de la décontraction, une question se pose nécessairement : comment avoir un peu de gueule dans ce territoire a priori hostile qu’est le littoral ?
© Romée de Saint Céran

Ajouter de la beauté à la vie, faute de pouvoir lui ajouter des années, voilà un programme fort sympathique, qui s’applique aussi bien à l’élégance qu’aux vacances. Et, puisque la plage est le lieu par excellence de la décontraction, la question se pose nécessairement : comment avoir un peu de gueule dans ce territoire a priori hostile qu’est le littoral ? Le chic à la plage n’est pas un paradoxe. Significativement, le groupe qui chantait « Vacances j’oublie tout », rap bancal de 1982 qui nous rend aujourd’hui bien nostalgiques, s’appelait Élégance. Ce qu’il y a de bien, c’est que l’élégance masculine est une succession d’uniformes, tandis que l’élégance féminine fait appel à la créativité – celle des femmes elles-mêmes ou, à défaut, celle d’autres femmes qui leur disent ce qu’ « on » porte. Dans les deux cas, il ne devrait donc pas y avoir de prise de tête pendant les grandes vacances. Mais au cas où, passons tout de même deux secondes sur le sujet.

On pourrait dire très simplement que, sur la plage, pour être élégant, il suffit d’être adapté, comme ailleurs. On ne va pas à un mariage en pantacourt (d’ailleurs, on ne va nulle part en pantacourt), on ne fait pas de sport en costume… et face à la mer, pour ne pas être mal à l’aise (donc « malaisant »), le plus simple est probablement de faire tout ce qui serait terriblement plouc ailleurs. C’est-à-dire : se balader à moitié à poil, porter des sandales (le James Bond des livres de Fleming, quand il était aux Caraïbes, en portait même avec ses costumes), mettre des chemises à manches courtes (y compris en éponge, en guise de serviette, si on veut) et se consacrer d’abord à soi. À ce titre, d’ailleurs, checker ses mails, faire des calls pour leverager des K€, remotiver ses équipes pour matcher les KPI, et autres fils-de-puteries du secteur tertiaire, voilà qui, à la plage, n’est pas hyper chic : le jour de leur mort, les gens regrettent davantage de ne plus jamais voir le coucher du soleil sur la baie de Socoa, que d’avoir manqué le closing du dossier Bidule. Et la langue maternelle de l’été est l’espagnol, l’italien, le croate ou le grec, mais jamais le globish de winners.

Lire aussi : Réussir ses vacances quand on est de gauche

On pourrait s’arrêter là, mais ce serait un peu vite dit, car il y a cependant des invariants dans la politesse, sur le sable comme ailleurs. Deux en tout cas : la discrétion (si rare dans les stations balnéaires) et la gentillesse (si vite oubliée pour un emplacement de serviette ou trois grains de sable dans les yeux). À part ça, au sujet des accessoires : pas de montre, ou alors une qui va dans l’eau, bien pratique pour chronométrer les ados qui se tirent la bourre au crawl. Des lunettes de soleil un peu comme on veut, en écaille comme celles de Cary Grant dans La Mort aux trousses, ou de Steve McQueen dans L’Affaire Thomas Crown (les fameuses Persol 714 pliantes), ou même des Oakley de sportif de l’extrême, à verres miroir orange ou bleus, à condition de ne pas avoir une panse de chevreuil.

On pourrait ajouter à cette ode à la sprezzatura que prendre un livre peut être une bonne idée, à condition bien sûr qu’on ait l’intention de le lire. Un livre sans prise de tête, lui aussi : un SAS pour ceux qui n’ont pas d’enfants dans leur entourage immédiat, un roman de hussard qui se passe au soleil (Le Balcon de Spetsai de Déon, par exemple), ou même un quelconque magazine people flagorneur d’altesses, pour se reposer des faits divers sordides qui nous auront sagement attendus à notre retour.

« Vacances j’oublie tout / Plus rien à faire du tout / J’m’envoie en l’air / Ça c’est super / Folie légère », chantait Élégance, dont nous parlions plus haut. Je crois que c’est plutôt un bon discours programmatique. Excellentes vacances !

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