Cristian Mungiu semble bien résolu à ne produire qu’un type d’ouvrage : le « film de festival ». Prenez un sujet austère (ici, une famille d’évangélistes roumains qui s’installe dans une petite ville norvégienne), un casting international certifié intello, et surtout une mise en scène qui s’applique à oublier quatre-vingts ans de technique du cinéma. On se demande comment le président du jury, Park Chan-wook, maître incontesté d’un cinéma baroque et opératique, a pu se laisser convaincre par une telle économie de moyens, qui frise la cuistrerie.
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Pourtant, quelque chose finit par se dessiner : la spatialisation de la petite commune, menacée par une météo rudoyante, sa communauté de bourgeois laïcards presque aussi puritains que ceux qu’elle dénonce, rappellent parfois les meilleures pages du Mystères de Knut Hamsun, auquel le film semble rendre un hommage discret.
FJORD (2h26), de Cristian Mungiu, avec Sebastian Stan, Renate Reinsve, Alin Panc, en salles le 19 août.




