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Kroc Blanc : Chef de meute

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Publié le

14 février 2018

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kroc blanc

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Rappeur mordant des marges, Kroc Blanc rêve de réinventer la culture populaire française et voit au-delà du rap.

 

Il ne pose jamais sans son masque égaré des studios d’Eyes Wide Shut, c’est que le rappeur identitaire énervé est un grand timide. Malgré ses paroles, ou plutôt à cause d’elles : cracher sa haine du monde et son rejet de l’ordre établi a toujours été l’apanage des grands sensibles.

 

https://www.youtube.com/watch?v=mMkH4uowDTo

 

Dans le privé, Kroc Blanc assume son extrace populaire bousculée par la mondialisation. Le jeune auteur des tubes « #JMLP », « Je vote FN » et « Nazi » a grandi dans une famille d’artisans de l’Ouest installés à Paris, dans le XIe , lorsque l’arrondissement n’était pas encore le quartier général de la boboterie : une famille industrieuse française, qui fut finalement victime de la concurrence étrangère à bas-coût.

Une famille qui ne lui prodigua d’ailleurs aucune éducation musicale. Et voilà pourquoi votre fils est rappeur : « C’est de la musique facile », il suffit d’en avoir écouté adolescent à haute dose. Ses héros d’alors ? Kery James et Eminem. Et aujourd’hui ? « Je n’écoute plus de rap ». C’est dit.

 

Lire aussi : A la rencontre du Lapin Taquin

 

Politiquement, s’il est de droite, c’est plutôt de celle qui parle d’identité française et de baisses de charges pour les petits patrons. Pas loin du Macron d’aujourd’hui, qui dit: « Va falloir bosser maintenant ». Marine Le Pen ? Elle serait plutôt d’extrême gauche, avec son programme étatiste. Mais alors, « je vote FN », ou pas? L’histoire ne le dit pas, mais tout le rap, tient le musicien, est éminemment politique, répétant d’ailleurs le même message depuis 40 ans: « Il n’y a que la forme qui change ». Lui essaie de mettre un peu de vérité là-dedans, en vantant ses racines, ses idéaux ou son « virilisme ». Parce que selon Kroc Blanc, le problème des rappeurs blancs comme Vald, c’est qu’ils doivent passer par les fourches caudines d’un système tenu par Skyrock. « Et on leur impose trois règles : ils doivent inciter les gosses à la débauche et au nihilisme, ils ne peuvent pas être virils et doivent s’inventer une autre origine que française, « manouche » par exemple ». Bref, ils font le clown. Ou le blanc de maison, comme il y avait des nègres jadis.

Leur modèle : l’altright, qui aux États-Unis a développé ses propres plateformes, comme « Gab ».

Kroc Blanc est entré dans le rap il y a huit ans, assisté d’un micro à 30 euros et d’internet dont il est logiquement l’un des produits : « Ma musique n’aurait pas pu exister avant l’ère YouTube, quand il n’y avait que les MJC, tenues par la gauche la plus servile ». En commençant c’est comme un rappeur médiocre, au mauvais flow, qu’il se considère. Voilà encore pour le masque, destiné à anticiper un bad buzz. Puis c’est dans l’écriture qu’il a trouvé certaine fierté. Son nom de scène ? Il ne sait pas exactement pourquoi. Ou plutôt, si : le roman de Jack London était son livre d’enfant. Sinon, en général, il lit 1984 et le distribue à la volée autour de lui. Parce que tout y est.

 

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Désormais, sa musique est passée au second plan : avec son groupe de camarades borderline, tels Raptor Dissident, Valek, Peno ou Papacito, il s’apprête à lancer un collectif culturel. Nom de code : la Fachosphère. Tout simplement. « La gauche nous a servi une marque sur un plateau. On la récupère simplement comme un étendard ». Cette plateforme créative et branchée qui produira et diffusera leurs camarades comme Lapin Taquin ou le Chat patriote devrait les libérer du carcan de l’auto-censure des réseaux sociaux : « Car ce ne sont pas eux qui nous censurent, mais nous-mêmes qui l’avons intégré ». Attaqués par les SJW (social justice warriors), ils s’attendent à être de toute façon bientôt dégagés des réseaux sociaux officiels, et prennent seulement les devants. Leur modèle : l’altright, qui aux États-Unis a développé ses propres plateformes, comme « Gab ». Ce site qui devrait être dispos dans trois mois produira du divertissement plus que de la politique : « On va ringardiser les gauchistes ». Les loups sont dans la place.

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