[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1526379646383{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]
Le Crif a déclaré que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’étaient pas « les bienvenus » à la marche en mémoire de Mireille Knoll, en raison de leur complaisance avec l’antisémitisme. Peut-on renvoyer dos à dos ces deux personnalités politiques sur ce sujet ?
Vendredi 23 mars, les sapeurs-pompiers découvrent le corps d’une octogénaire poignardée et partiellement brûlée dans un appartement en flammes. C’est celui de Mireille Knoll, une grand-mère paisible qui avait échappé à la rafle du Vel d’Hiv. Le symbole est fort. Quelques jours plus tard, deux suspects sont arrêtés et mis en examen, tandis que le parquet retient le caractère antisémite du meurtre. Le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) propose alors de descendre dans la rue pour une marche blanche ; il le propose à tous, sauf à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon qu’il ne juge pas les « bienvenus » au regard de leur complaisance supposée avec l’antisémitisme. Outre le fait que les boulevards parisiens n’appartiennent à personne, peut-on considérer que ces deux personnages font preuve d’une égale complicité vis-à-vis de la judéophobie ? Peut-on affirmer sans avoir l’air idiot que ce sont les accointances du Front national ou une supposée résurgence de l’extrême droite qui pousse les juifs français à quitter leur pays, à protéger militairement leurs synagogues ou à dissimuler leurs kippas dans la rue ?
Lire aussi Marche blanche, quand la France se défait
En ce qui concerne Marine le Pen, elle paye les sympathies vichystes de son père et ses répliques délirantes sur « le détail de l’histoire » que constitueraient les chambres à gaz. Elle paye son nom de famille. Pourtant, depuis son accession à la présidence du FN, aucun élément de son discours ou de son programme politique ne peut être taxé d’ambiguïté à cet égard. Lorsqu’elle revendique un héritage gaulliste, elle opte pour une rupture radicale avec l’histoire de son parti, de même en choisissant des proches comme Louis Alliot ou Gilbert Collard qui se déclarent ouvertement philosémites. Lorsqu’en 2017, une élue FN de Bretagne et candidate pour les législatives explique qu’« on nous rebat les oreilles avec la Shoah » et qu’elle « connaît plein de gens bien qui n’aiment pas particulièrement les juifs », son investiture lui est retirée sur-le-champ. Dans un entretien daté de juin 2014 à Valeurs Actuelles, la patronne du FN ambitionne même d’être le « meilleur bouclier » pour les juifs de France, contre l’antisémitisme islamiste.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon peut difficilement en dire autant. S’il est peu probable qu’il soit lui-même rongé par ce mal, il ne s’indigne pas du fait que la frange islamo-gauchiste de son électorat le soit. Cette frange, il la flatte même, par opportunisme électoral. Lorsqu’à l’été 2014, la racaille démonte les rues de Paris pour apporter son soutien aux Palestiniens, l’apôtre des Insoumis tient à « féliciter la jeunesse » de son pays « qui s’est mobilisée pour défendre les victimes des crimes de guerre à Gaza ». Alors que le nouvel antisémitisme instrumentalise le conflit israélo-palestinien pour justifier sa haine des juifs, que l’insulte de « sioniste » s’est substituée à celle de « youtre », on comprend l’opportunité qu’il y a à défendre ces manifestants, sans préciser qu’ils ont scandé des « mort aux juifs » et brandi des barres de fer devant des synagogues. Ainsi, lorsque la députée Danièle Obono défend Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des indigènes de la République, furieusement antisémite, personne n’est véritablement étonné.
[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





