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Au mitan de ce mois de mai 2018, l’ambassade des États-Unis en Israël devrait déménager à Jérusalem. Trump souhaite que ce transfert se fasse en coïncidence avec le 70e anniversaire de la naissance de l’État juif.
La décision, annoncée en décembre 2017, a été mal comprise en France, donnant lieu à polémique. La mécompréhension française, médiatique surtout, quant à une décision pourtant antérieure à la présidence Trump, tient à un autre malentendu au sujet de celle de l’évangélisme comme acteur de la vie politique américaine. Ainsi, la question religieuse est au cœur de la décision actée par Donald Trump, même si elle n’en est pas la seule cause, puisque la présence de l’ambassade américaine dans les murs de la capitale d’Israël est logique. Au sein des évangélismes, ce transfert répond aussi à l’influence du sionisme chrétien sur la politique américaine.
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Israël et Jérusalem sont des préoccupations fondamentales et anciennes au sein de l’évangélisme et du sionisme chrétien américain. À la suite du vote par la Knesset de la Loi fondamentale du 30 juillet 1980 décrétant que Jérusalem est « la capitale éternelle et indivisible d’Israël », vote provoquant une résolution de condamnation de l’ONU, des évangélistes américains et européens résidant à Jérusalem ont créé l’Ambassade chrétienne internationale de Jérusalem (ICEJ). Le but ? Faire passer ce message : si les gouvernements, en particulier celui des États-Unis, n’ont pas le courage de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et maintiennent leurs ambassades à Tel-Aviv, les évangélistes installent quant à eux une ambassade chrétienne destinée à montrer, au moins sur le plan du symbole, « la légitimité divine » de Jérusalem comme capitale politique. Autrement dit, les évangélistes chrétiens, et parmi eux les sionistes chrétiens, dont le courant existait avant la naissance du sionisme politique juif, ont formé une espèce d’avant-garde préfigurant la décision de Trump, laquelle était une de ses promesses de campagne.
Pour les sionistes chrétiens, l’avènement du Christ se fera à condition qu’Israël et sa capitale soient restaurés, prélude à la conversion massive du peuple juif au christianisme
La question est alors : pourquoi des chrétiens évangélistes américains s’affirmant « sionistes », revendiquant près de 50 % de l’ensemble des évangélistes et plus de cent mille pasteurs, soutenus par un important réseau médiatique et d’organisations actives, tant à l’échelle américaine que mondiale, œuvrent-ils en faveur d’Israël, et de Jérusalem comme capitale ? Les sionistes chrétiens lisent, dans la Bible, laquelle fait pour eux autorité, que la Restauration, puis l’existence et la défense de l’État d’Israël s’inscrivent dans le plan divin menant à la Jérusalem célèste de la Fin des Temps, autrement dit l’Apocalypse, (mot signifiant « révélation » et non « destruction ».) La fin du monde, oui, mais en tant qu’elle serait nouvelle naissance du vrai monde, régénération globale, comme l’est la nouvelle naissance ou régénération de chaque évangéliste. Pour les sionistes chrétiens, l’avènement du Christ se fera à condition qu’Israël et sa capitale soient restaurés, prélude à la conversion massive du peuple juif au christianisme, Parousie voyant les juifs reconnaître leur Messie en Jésus, elle-même devant annoncer la venue du Christ sauveur et son règne millénaire de Paix. Ce n’est bien sûr pas la seule caractéristique du sionisme chrétien mais cette conception du monde et de la Bible, appuyée sur une lecture littérale des Livres de Daniel et d’Ezéchiel, ainsi que de l’Apocalypse selon Jean, explique en partie pourquoi il est si important aux États-Unis, outre les évidentes raisons géopolitiques ou économiques, de soutenir Israël et de transférer l’ambassade à Jérusalem, alors que les juifs sont à peine 2 % des Américains.
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