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C’est décidé : unique sénateur du Rassemblement national, Stéphane Ravier sera candidat à la mairie de Marseille en 2020. Nous l’avons rencontré le 3 octobre, le jour où Gérard Collomb passait ses pouvoirs à Édouard Philippe. Le sujet de conversation était tout trouvé…
Vous devez être satisfait puisque, le 28 mars dernier, quelques jours après la mort du colonel Beltrame, vous aviez réclamé au Sénat la démission de Gérard Collomb.
Que ne m’a-t-il écouté en mars, nous aurions tous gagné sept mois… Les Français, surtout, car, après plus d’un an à l’Intérieur, il nous dit que la situation s’est « très dégradée ». La faute à qui? Et le voilà qui part en déclarant qu’il « craint » que « demain, on vive face à face ».
Il estime que, pour le moment, on vit « côte à côte »…
Donc il reconnaît que le « vivre ensemble », c’est du pipeau. La réalité, c’est en effet qu’on vit déjà les uns à côté des autres. On se côtoie – le moins possible –, on se supporte – de moins en moins –, et on sait que ça se terminera comme dans les westerns: c’est le premier qui dégainera et qui saura viser qui s’en sortira.
Au printemps, une vidéo a tourné en boucle : on y voyait des tirs de kalachnikov dans la cité de la Busserine, dans les quartiers nord de Marseille, et des policiers mis en joue. La violence s’accroît rudement chez vous.
Cette fusillade en plein jour a épouvanté les médias parisiens, mais moi qui étais maire de ce secteur et en reste l’élu, ça ne m’a pas surpris. Quand ça ne tire pas à la Busserine, ça tire à la Paternelle ou ailleurs. Mais quand il n’y a pas d’images, on ne s’en émeut pas! L’État a démissionné, et, la nature ayant horreur du vide, il a laissé la place à tous les trafics, à toutes les démarches de sécession. Le trafic de drogue a pris possession de dizaines de cités. Je parle bien de dizaines et je n’exagère pas: avant de quitter Marseille, un peu comme Collomb quittant la place Beauvau, le procureur Dallest nous a confié, mais peut-être devrais-je dire avoué, qu’il y avait au moins une quarantaine de cités marseillaises où le trafic de drogue régnait en maître.
Et on ne fait rien?
L’État recule, quand il ne se met pas à plat ventre. Un policier me disait récemment: « Vous savez, on aimerait venir dans les quartiers nord, mais nous avons consigne de ne pas le faire. » Mi septembre, un équipage est tout de même entré dans la cité des Lauriers, une cité qui bénéficie de la politique de la ville, où on a cassé des tours, où on a ouvert des voies, où on est en train de faire un terrain de foot de luxe, bref, où l’argent public coule à fots. Les policiers ont été pris à partie par une quarantaine de crapules. L’un des policiers m’a dit: « On s’est vu mourir ». Ils n’ont dû leur salut qu’à leur sang-froid. Ils ont eu la présence d’esprit de tirer en l’air pour se dégager. Imaginez s’ils avaient tiré à l’horizontale plutôt qu’à la verticale ! Quand ils arrivent à arrêter quelques dealers dans une situation dangereuse, on leur dit qu’ils n’ont pas été missionnés pour cela. Que si ça avait « dérapé », ils en auraient porté la responsabilité ! Leur hiérarchie les soutient comme la corde soutient le pendu.
« Vous savez, on aimerait venir dans les quartiers nord, mais nous avons consigne de ne pas le faire. » Un policier marseillais
Alors que faut-il faire ?
Comme dirait Yann Moix: avoir des couilles. Je parle des politiques, pas des policiers bien sûr, qui n’attendent que les ordres pour agir. Il faut mettre en place le face-à-face avec les crapules. Il faut aller au carton ! De façon républicaine, bien sûr, mais avec détermination. Il faut aller chercher les crapules, et, pour cela, il faut donner aux policiers les moyens humains et matériels de le faire, avoir la volonté de condamner les criminels et celle de les incarcérer dans des prisons, où, faut-il le préciser, ce ne sont pas eux qui feront la loi. Parce qu’aux Baumettes, que je connais bien, ils font régner la terreur.
L’appel à une « vision d’ensemble pour récréer de la mixité sociale » qu’évoque encore ce matin Gérard Collomb, vous n’y croyez pas?
Arrêtons de parler de « mixité sociale » quand il s’agit bien évidemment de « mixité ethnique »! Encore qu’on en est arrivé au point où, si c’est vraiment cela que l’on veut, il va falloir faire revenir des « Souchiens », comme on dit, tellement la population provençale a été remplacée ! Pourtant, ils ont été patients et tolérants, ils ont fait de la place. Et qu’ont-ils récolté en échange, si ce n’est le communautarisme et un certain racisme anti-Blancs? Alors, ils ont quitté Marseille.
Là, vous exagérez…
Mais venez voir! Depuis mon enfance, j’ai vu les Marseillais partir des cités, puis des quartiers, puis d’arrondissements entiers, laissant toujours plus de place à cette déferlante migratoire qui est une immigration de remplacement et qui accapare tout l’espace.
https://twitter.com/Stephane_Ravier/status/1057618644216221697
Personne ne les a obligés à partir, si ?
Vous croyez? En 2014, tout juste élu maire du VIIe secteur, j’assiste à ma première réunion sur la rénovation urbaine. Il y a le préfet de région, la préfète déléguée à l’égalité des chances, l’adjointe de Gaudin à la politique de la ville, les bailleurs, les techniciens. À l’ordre du jour, la rénovation d’une cité. Le préfet prend la parole et déclare : « Nous avons découvert une organisation clanique. Les gitans ont chassé les Maghrébins ». Moi qui étais novice, je me suis dit qu’ils s’étaient entendus pour me bizuter, que c’était « Surprise sur prise », que Marcel Béliveau allait surgir! Pas du tout. Le préfet continue : « Nous avons rencontré le chef des gitans, il est d’accord pour faire venir des familles venues de l’extérieur, à condition qu’elles soient gitanes ». J’attendais qu’il nous présente des mesures pour briser ce système racialiste, j’attends encore.
L’anecdote n’est peut-être pas significative d’une politique générale.
Vous en voulez encore ? Allons-y. Récemment se tient, dans un centre social, une réunion sur la rénovation urbaine d’un autre quartier. Un fonctionnaire demande à un autre : « Est-ce que vous avez prévu de l’embauche locale? » « Oui, on va essayer », répond l’autre, qui ajoute : « Mais il faut quand même penser que lorsqu’on embauchera un Arabe, il faudra embaucher un Gitan. Et vice versa. En revanche, embaucher un Blanc, ce ne sera pas possible, autrement ils vont tout bloquer ». Voilà la réalité de ce qui se dit dans les réunions à huis clos, que nous avons découvert grâce à la présence de nos élus qui y siègent.
Lorsque vous prenez la parole au Sénat, vous devez vous sentir bien seul…
Certains sénateurs ont ce courage inouï de me chuchoter bravo du coin de la bouche en faisant bien attention de ne pas être vus. Ils voudraient bien mais ne peuvent point… On leur a coupé la paire de c : convictions et courage. Et quand ils ont les convictions, ils n’ont pas le courage de les exprimer. À l’exception de Jean-Louis Masson et de Sébastien Meurant, dont j’ai lu l’entretien dans vos colonnes (cf. L’Incorrect n° 13) et que je serais heureux de rencontrer.
Lire aussi : La saison de la chasse au Blanc
À Marseille, près d’un quart de siècle de Jean-Claude Gaudin n’a rien changé ?
Ça a donné que, derrière le front de mer, il y a un front de guerre identitaire, sociale, économique et fiscale. La ville est endetée à hauteur de deux milliards d’euros pour un budget de 1,4 milliard. La dette est de 2 000 euros par habitant. S’il n’y avait pas eu d’arrangements dans la présentation du bilan, Marseille devrait être sous tutelle. Elle n’est pas seulement surendettée, elle est ruinée.
Et vous serez candidat en 2020?
Oui. Ce doit être mon côté kamikaze ! [rires]
Mais vu la situation que vous me décrivez, vous ne pourrez rien faire…
Si. Je compte proposer aux banques un partenariat. Les Marseillais font partie de ces Français qui les ont sauvées après le krach de 2008. À leur tour de nous aider. Je compte leur demander de nous accorder six ans d’oxygène. Six ans de suspension du remboursement de la dette, qui nous permettront d’investir dans les infrastructures et dans la sécurité. Pour recréer les conditions du dynamisme économique, qui ensuite leur profitera. Un partenariat citoyen, en somme, qui sera aussi un partenariat gagnant/gagnant. Nous voulons conquérir Marseille pour que les Marseillais reconquièrent leur ville.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





