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Sénateur LR du Val-d’Oise, rapporteur spécial du budget « Immigration, asile et intégration », Sébastien Meurant est méconnu et c’est dommage : déterminé à établir le véritable coût de l’immigration, ce « quadra » porte une ligne résolument de droite. Il est même favorable aux discussions entre toutes les droites.
« Immigration », « asile » et « intégration » réunis dans un même budget, il n’y a pas une légère confusion des termes?
Evidemment. C’est comme si tout migrant était a priori un réfugié et comme s’il était évident qu’il avait vocation à s’installer en France. Mais cette confusion correspond à une sorte d’aveuglement volontaire. Nos dirigeants ne veulent pas voir la réalité. Au point qu’il n’existe pas d’état des lieux sur l’immigration dans notre pays.
Vous voulez dire une vision chiffrée du coût de l’immigration ?
Bien sûr, mais pas seulement. L’immigration, ce ne sont pas que des chiffres; c’est d’abord une réalité humaine, démographique et culturelle. Il serait écessaire que les services de l’État et le Parlement, mais plus généralement les politiques et l’opinion publique se saisissent de cette question. Il faut que nous nous posions enfin quelques questions de base : qui voulons-nous accueillir chez nous? Quels sont les prérequis culturels pour s’installer en France ? Qu’est-ce qu’être Français pour les étrangers qui demandent la naturalisation ? D’où viennent les réfugiés politiques? Et bien d’autres questions fondamentales.
Mais, naturellement, du point de vue qui est celui de ma mission, le point de vue comptable, le budget de l’État concernant l’immigration est clairement insincère. Tout le monde le sait, mais personne ne fait grand-chose pour améliorer la situation. Ce poste budgétaire pèse pour seulement 1,4 milliard d’euros dans le budget de la France, ce qui est à l’évidence très loin de la réalité, parce qu’un nombre considérable de dépenses n’est pas pris en compte. C’est la raison pour laquelle je suis décidé à établir le véritable coût consolidé de l’immigration.
Que voulez-vous prendre en compte qui n’y figure pas ?
Mais tous les coûts que l’immigration-invasion que nous subissons induit! Depuis le regroupement familial et le non-retour d’une population qui était venue pour travailler dans une période de croissance qui n’existe plus depuis fort longtemps, nous avons laissé entrer et s’installer sur le territoire français toute une population qui, pour partie, s’est intégrée, mais qui, pour une autre partie, ne l’a pas fait car elle ne l’a pas voulu. Que de chemin parcouru en si peu de temps vers le communautarisme et même vers la partition, ainsi que François Hollande l’a lui-même reconnu.
Sur le plan budgétaire, cette population nouvelle a conduit à procéder à son bénéfice à des transferts sociaux massifs, qui ont entraîné un appauvrissement de notre pays. De même, il nous faut prendre en compte les frais que cela a entraîné en matière de santé, et notamment en termes de personnel hospitalier. Ou encore en construction de logements sociaux. Et puis, excusez-moi mais il est un moment où il faut dire les choses, le coût de l’immigration ne peut être établi de façon sincère sans y intégrer tout ce que cela nous coûte sur les plans sécuritaire, judiciaire et carcéral – sans parler bien évidemment des mesures dites de réinsertion, puisque les délinquants ne sont plus expulsés et qu’on accepte même que les djihadistes reviennent en France !
On ne parle pas non plus du coût prisen charge par le budget de l’Éducation nationale. Lorsque des classes sont dédoublées dans des banlieues, pour quoi croyez-vous que ce soit? C’est évidemment parce qu’il y a tellement peu de francophones dans ces écoles ou collèges que les élèves ne peuvent pas suivre si on ne met pas en place un dispositif spécifique ! Cela non plus n’est pas pris en compte dans le budget « Immigration ». Même chose pour les dizaines de millions d’euros donnés à la Turquie pour qu’elle ait l’amabilité de retenir les migrants, même chose pour les subventions versées aux associations auxquelles l’Etat sous-traite son action en ce domaine, et la liste est loin d’être exhaustive.
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À ce propos, vous êtes allé voir France Terre d’Asile je crois…
Je suis en effet allé contrôler France Terre d’Asile. Cette association employait 35 salariés en 1997, elle en a plus de 900 aujourd’hui. Plus de 900 ! Évidemment payés grâce au budget de l’État. Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle est pilotée par des gens qui ont une philosophie de « no borders ». Lorsque vous visitez le siège, vous tombez sur tout un tas de dessins qui crachent sur la France. L’un, par exemple, montre un CRS en train de taper à grands coups de matraque sur un grand Noir au visage sympathique. Vous en trouverez des comme ça tous les deux mètres! Etc’est à ces gens-là que l’on sous-traite les missions d’accueillir, de former et de faire aimer la France ? Mais jusqu’où la République va-t-elle s’abaisser?
La République ou la France ?
La France, bien entendu, qui est bien plus importante que la République. Je suis un adepte du temps long et un passionné d’histoire, je sais bien que la France n’a pas commencé en 1789, même si beaucoup veulent l’oublier.
Alors on fait quoi?
On établit le vrai coût et je vais m’y employer, et on explique aux Français la réalité, qui est, par exemple, que le droit d’asile a bon dos quand on accueille des jeunes gens en pleine force de l’âge au motif qu’ils fuiraient un pays en guerre. Mais qu’ont fait nos ancêtres quand la France était envahie ? Ils ont fui ou ils se sont levés? Sans parler de ceux qui fuient un pays, le Mali par exemple, où, dans le même temps, nos soldats – nos enfants! – vont, eux, se battre, y être blessés et, pour certains, y mourir! Et puis, bien sûr, on supprime tout ce qui constitue des appels d’air, à commencer par le droit du sol. Si on a pu le restreindre (un peu) à Mayotte, on peut le faire partout. On n’en prend pas le chemin puisque, tout à son « en même temps », Macron a permis l’élargissement du regroupement familial aux fratries des « mineurs isolés ». Et qui va les loger, les nourrir, les soigner? Il ne se rend pas compte que les Français n’en peuvent plus?
L’Australie, qui est une démocratie que je sache, a su dire non à l’arrivée de migrants non choisis, et nous, nous ne pourrions pas? Si Frontex est incapable de garder les frontières extérieures de l’UE, c’est à la France de garder les siennes. Quant à ceux qui sont déjà là, il faut leur tenir un langage ferme et de vérité : soit ils respectent nos lois et nos coutumes, soit c’est dehors. On ne va quand même pas se laisser mener à l’abattoir ou à la soumission par les islamistes. Je me dis que le Français – ce Franc, réputé noble et libre – va relever la tête un jour ou l’autre.
Comme disait Nasser: « Relève la tête, mon frère, car les jours d’humiliation sont passés »?
[Rires] Ça me va bien! Oui, retrouve ton énergie, retrouve ta volonté d’être maître de ton destin, sois Français, sois Franc, sois libre ! Pour le moment, nous ne cessons d’importer en France des conflits du monde entier, nous réalisons la prophétie du Camp des saints…
« Je me dis que le Français – ce Franc, réputé noble et libre – va relever la tête un jour ou l’autre » . Sébastien Meurant
Mais la droite au pouvoir n’a pas fait ce que vous réclamez, et, dans l’opposition, elle n’a pas tenu ce langage. Ni au niveau national, ni au niveau local. Elle porte une part de responsabilité au moins égale à la gauche dans l’évolution du pays…
Tout à fait. Là aussi soyons clairs: les paroles sans les actes n’ont aucun sens. Dans le contexte de menaces à la sécurité intérieure de la nation, je suis favorable, a minima, à un moratoire sur la construction de mosquées. Eh bien chez moi, à Saint-Leu-la-Forêt, il n’y en a pas. On m’en a demandé une, j’ai dit non. Certains élus savent dire non, d’autres pas; c’est tellement plus facile de dire oui, de trouver des excuses pour céder, que de s’opposer. Alors, parce qu’ils ont voulu plaire, parce qu’ils ont voulu être aimés et parce qu’ils voyaient leur territoire changer de population, ils ont pratiqué le communautarisme, préférant les petits arrangements sans en voir les grandes conséquences, se disant que ça tiendrait bien le temps de leur mandat… Gérer à courte vue sous
la pression, alors qu’il fallait penser la France à trente ou cinquante ans, a été à mes yeux la pire des lâchetés. Résultat: la France est menacée de dissolution interne dans un monde plus dangereux que jamais, où la prétendue fin de l’Histoire a en fait ouvert sur le choc des civilisations. On pourrait faire l’inventaire des décennies passées, des erreurs, fautes et abandons de la droite mais face à Emmanuel Macron, dont la politique accélère cette dissolution, on n’a plus le temps. Il faut que la droite nomme les choses et fasse de ce combat de civilisation le cœur de sa reconquête.
A condition que les différentes composantes de la droite ne se déchirent pas… Il serait peut-être temps qu’elles se parlent, non ?
Evidemment qu’il faut se parler! Si on ne parle qu’avec ceux avec lesquels on sait d’avance qu’on va être d’accord, ça n’a aucun intérêt. Il faut s’asseoir, dis-cuter, voir sur quoi on est d’accord et sur quoi on ne l’est pas. Discuter avec le Rassemblement national, avec Debout la France, avec le Parti chrétien-démocrate, avec… Avec tout le monde ! Et sans a priori.
Arrêtons un peu avec le cinéma ! Sur les questions régaliennes, par exemple, je ne vais pas vous dire que je m’oppose aux positions défendues par le Rassemblement national: ce sont celles que défendait le RPR dans les années 1980 ! Evidemment que je les partage puisque c’est sur celles-ci que, à l’âge de 18 ans, j’ai adhéré au parti de Jacques Chirac !
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Vous vous définiriez comme gaulliste ?
Si l’on s’en tient à la classification de René Rémond, je suis des droites légitimiste et bonapartiste. Sinon je suis resté sur l’ADN du RPR des années 1986-1988 : Etat fort, primat de la liberté, France puissance, création de richesse avant de la distribuer. Mon côté gaulliste social trouvait son compte dans l’attelage Séguin-Madelin.
Et ces idées se trouvent à LR aujourd’hui ?
Les idées n’appartiennent à personne et moi, ce qui m’intéresse, c’est le bien commun. Le bien commun est la seule chose qui compte. Or il faut absolument mettre dehors ceux qui sont actuellement au pouvoir et qui sont porteurs d’une idéologie mondialiste qui nie jusqu’à l’existence même debla France et de sa culture. Je n’oublierai jamais cette phrase d’Emmanuel Macron durant sa campagne : « Il n’y a pas une culture française. » Eh bien si! Evidemment que si! Quand je vois des mômes voilées à dix ans, ce n’est pas la France !
Le vrai clivage est là, et c’est à partir de cela qu’il nous faut voir, en mettant de côté les querelles de chapelles parfaitement dérisoires eu égard à l’enjeu, sur quels dénominateurs communs nous pouvons nous entendre. Vous me parlez de formations situées à la droite de LR mais sachez que, sur un certain nombre de sujets, certains collègues de l’UDI sont plus à droite que moi! Donc oui, parlons, tous ensemble, sans a priori et sans arrière-pensées, sans autre objectif que le bien commun. Et avec cette question en tête, la seule qui vaille : qu’allons-nous laisser à nos enfants?
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Pour le moment, ce sont plutôt les ambitions personnelles qui priment…
C’est là en effet que réside le véritable problème. Un parti politique doit se structurer autour d’idées, et non pas être le syndicat des places. Or il n’y a plus, nulle part, de corpus idéologique identifié. Cela vaut pour le RN ex-FN avec ses zigzags sur l’économie ou sur la question européenne, mais cela vaut aussi pour LR, hésitant ou flou dans plusieurs domaines. De sorte que certains ont pu, en cohérence avec leurs ambitions à défaut de l’être avec les idées que leurs électeurs leur prêtaient, passer dans le camp adverse – aller à la gamelle pour parler crûment. Quand il n’y a plus de formation doctrinale des élus, il ne faut pas s’étonner qu’il ne reste plus que des ambitions de carrière.
Le préalable à l’ouverture de discussions est la clarification des lignes politiques. Que l’on discute d’abord au sein des partis respectifs, que l’on réfléchisse, que l’on arrête les positions, et, à partir du moment où les bases seront clairement définies, on pourra discuter avec qui veut. Quand on est fort sur ses positions, on n’a rien à craindre de la confrontation des idées.
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