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Avec ou sans viande, cessons d’être bêtes !

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Publié le

19 novembre 2018

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Vegan

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Polluante, nocive pour la santé, ne respectant pas le bien-être animal, la consommation de viande est régulièrement passée au grill des végétariens, végétaliens et défenseurs de la cause animale et une journée internationale, le 20 mars, est même consacrée à cette cause devenue politique et sujette, bien souvent, à des affrontements pour le moins sanguins.

 

Ces défenseurs d’une alimentation alternative ont pour eux des arguments mais la posture accusatoire qu’ils adoptent révèle trop souvent une crise de l’humain qu’ils fabriquent sous couvert de respect de l’animal, par une tentative d’effacement de la frontière fondamentale qui existe entre l’homme et la bête.

Ces paraclets postmodernes n’ont de cesse de dénoncer l’homme et de célébrer l’animal. Ils fustigent la vision anthropocentrique qu’ils souhaiteraient remplacer par une philosophie anthropomorphique où il s’agirait d’interpréter les comportements animaux comme des conduites humaines. Leur démarche s’inscrit dans une logique émotionnelle : le consommateur est invité à ne pas suivre sa raison mais ses réactions affectives. Et l’on s’abstient de consommer de la viande, non pas parce qu’il s’agirait de raisonner tel ou tel excès mais bien parce que l’on songe au bien-être de l’animal et à la vieille sollicitude de l’homme envers la bête. L’antispécisme qui domine ce postulat marque une véritable rupture avec toute civilisation. On se refuse désormais à ce que l’homme soit unique ; on ne veut plus qu’il soit le centre de ses propres préoccupations et l’on inflige ainsi une illusion humaine à l’animal dont, d’ailleurs, il ne saurait se rendre compte.

 

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Attribuer à l’animal un quelconque titre à notre respect est une erreur. Sur cette question Tomas d’Aquin et Emmanuel Kant se retrouvent pour affirmer que l’homme ne doit pas infliger de mauvais traitements à l’animal, non parce que l’animal aurait le droit d’être respecté, mais parce que la cruauté est inhumaine. Les relations de l’homme vers l’animal se placent sous le signe de la morale humaine. Rien qui ne soit du respect car si l’homme est une fin en soi, l’animal ne l’est pas. En cela, il n’y a rien de commun entre ce qui fonde le respect des personnes et ce qui préside à la protection des espèces animales. On ne protège pas une espèce pour une raison absolue mais en fonction d’un calcul de raisons contingentes : équilibre écologique, diversité biologique, patrimoine culturel, etc.

Végétariens, végétaliens et défenseurs de la cause animale peuvent bien continuer à s’abstenir de consommer de la viande et à proclamer qu’il est immoral de le faire. Ils resteront toujours les seuls qui s’interdisent de tuer les autres espèces pour les manger. Comme si ce choix de vie leur conférait une spécificité exceptionnelle, dont ils ne manquent, d’ailleurs, jamais de se vanter.

 

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