La Purge, les Gilets Jaunes…
C’était une mauvaise blague. Un jeune issu de la diversité a publié sur les réseaux sociaux un « appel à la Purge ». Le concept est tiré du film American Nightmare (« The Purge » aux USA). En bref : le but du jeu est de décréter que le soir d’Halloween toute personne trouvée hors de chez elle est susceptible d’y passer. Spéciale dédicace évidemment aux forces de l’ordre. Sans doute effrayé par les conséquences de sa blague, le jeune homme a fait machine arrière sur les réseaux sociaux, tout en indiquant qu’il était disposé à répondre aux interviews.
Ce fait divers est révélateur à bien des égards : premièrement, de l’incapacité d’une jeunesse à établir une corrélation entre la virtualité et la réalité. Pour elle, les réseaux sociaux n’ont pas de conséquence sur la vie réelle. Deuxièmement, la recherche de célébrité à tout prix. Pour le coupable, il ne s’agissait que d’un buzz destiné à flatter son petit ego d’anonyme. Ce moment de célébrité revendiqué aujourd’hui comme un droit inaliénable, peu importent les dégâts que cela pourrait engendrer, c’est un droit on vous dit. Troisièmement enfin, l’ensauvagement d’une jeunesse déracinée et communautarisée.
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Comme en écho, la France périphérique, ces beaufs « qui fument des clopes et roulent au diesel » pour paraphraser l’inénarrable Benjamin Griveaux, revêtait le gilet jaune (disposition légale obligatoire, voyez l’ironie !) pour signifier son ras-le-bol, pas seulement devant l’augmentation du diesel mais bien en raison du sentiment d’injustice et d’abandon dont ils sont l’objet. À l’image de la Purge lancée via les réseaux sociaux, ce mouvement sans tête pensante, sans coordination et sans stratégie est imprévisible, déroutant, mais est surtout l’expression d’un drame dont les origines sont comptables en décennies d’abandon, de lâcheté et d’ignorance crasse. On cite du Charles Maurras en pensant citer du Bloch, on est à la merci d’un appel à la Purge sur Snapchat par une petite frappe en mal de reconnaissance, en bref on est impuissant à comprendre le réel.
Comme en écho, tandis que les déclassés en jaune vif brûlent les cerisiers qui ne fleuriront plus, Jean-Luc Mélenchon se rend dans le 93 pour saluer « la nouvelle France ». Celle qui constitue son ultime réserve électorale, celle qui lance des appels à la Purge via les réseaux sociaux. Malheureusement pour la gauche, on peut demander à ces beaufs ignares de payer pour le nouvel électorat de la « nouvelle France », on ne peut plus en revanche leur vote.





