Skip to content

FEDERICO FELLINI ÉCRIVAIN CINÉMATOGRAPHIQUE

Par

Publié le

28 janvier 2019

Partage

Fellini

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1548675284839{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]L’Europe de Brussel. Parce qu’il y a une autre Europe que celle des technocrates, Samuel Brussell nous présente chaque mois l’un des écrivains qui en perpétuent le génie.

 

Il est des livres qui créent une rencontre magique : il suffit de les laisser parler, de cueillir une à une les répliques et la créature sort vivante de la glaise. Le livre de Rita Cirio sur Fellini est de ceux-là. Les 256 pages de cet album de conversations donnent toute la dimension du poète-cinéaste, du maestro romain, venu de Rimini, qui déclarait à son ami l’acteur Sordi, quand tous deux mouraient de faim et rêvaient de faire du cinéma : « Un jour, Alberto, tu verras, je serai le plus grand cinéaste au monde ».

 

Lire aussi : Immortel David Bowie : la grande rétro

 

Il ne mit pas longtemps à le devenir. Fellini est une source d’inspiration pour tout amoureux de la littérature. Rita Cirio fait parler le phénoménal raconteur d’histoires sur tous les sujets. L’inamovible patron de la Démocratie-Chrétienne lui-même, Giulio Andreotti, fait une brève apparition dans ces pages : « Ne pas faire confiance est un péché, dit le grand cynique de la politique italienne, mais on y prend goût. »

 

La sublime Anna Magnani, symbole de Rome, fixant effrontément la caméra dans le film Fellini Roma, dira elle aussi : « Je n’ai pas confiance, Federì… » Tout le cinéma de Fellini est une immense conversation, où la même histoire, inépuisable, l’histoire de la vie, est reprise et racontée, puis recréée à l’infini, comme dans Les Mille et Une Nuits.

 

Lire aussi : Tristan Garcia : la fresque impossible

 

UNE INCONCEVABLE HARMONIE

 

Une interview de Fellini est aussi fascinante, aussi distrayante qu’un de ses films. Le cinéaste parle et le rideau se lève. Cette rencontre de la vie réelle et de la fantaisie la plus débridée a d’ailleurs donné deux films parmi les plus extravagants de sa production : Fellini Roma et Intervista.

 

Ces deux romans cinématographiques empruntent à tous les genres, à tous les procédés. Ils sont une école de la narration pour tout écrivain qui fuit les genres : bribes de conversations, ragots, intrusions du réel dans le scénario, souvenirs, improvisations se succèdent dans une inconcevable harmonie, dans une fidélité totale à l’instinct et à la vie.

 

Fellini se déclarait artisan, et il l’était dans le sens de la tradition humaniste.

 

« Quand je m’affranchis du scénario, avoue-t-il, n’est-ce pas pour me rendre disponible aux aspects véritables du film, à son caractère » ? L’histoire d’un film est un peu comme l’histoire d’une amitié, « il s’agit d’inventer une relation avec quelqu’un qui n’est pas encore là ».

 

 

ON NE PARDONNE PAS LE GÉNIE

 

Fellini se déclarait artisan, et il l’était dans le sens de la tradition humaniste : toutes les scènes, tous les personnages étaient créés avec une conscience précise et maîtrisée des matériaux utilisés. Pour finir, la grandeur du parcours de Fellini tient de la parabole chrétienne : elle apparaît plus éclatante encore dans sa chute (le silence que lui imposèrent les lois de l’économie) que dans ses réussites (la création de ses films).

 

Ce que l’on ne put lui pardonner, c’est le génie, la subversion inconsciente de l’art qui ne s’appuie sur aucune idéologie.

 

L’impossibilité dans laquelle était le maestro de trouver des producteurs à la fin de sa vie est l’épilogue inévitable du rapport souvent tendu qu’il entretint avec les financiers tout au long de sa carrière : une trop grande personnalité, une trop grande imagination, une trop grande liberté finirent par être inacceptables. Ce que l’on ne put lui pardonner, c’est le génie, la subversion inconsciente de l’art qui ne s’appuie sur aucune idéologie.

 

 

Sa plus grande insolence fut peut-être les spots publicitaires qu’il tourna les dernières années de sa vie pour les pâtes Barilla, l’apéritif Campari ou la Banca di Roma. Le cinéma et le rêve sont toujours là : le produit n’est qu’un prétexte. Fellini envahit l’écran.

 

 

FEDERICO FELLINI, LE MÉTIER DE CINÉASTE

Rita Cirio (traduit par René de Ceccaty)

Le Seuil

256 p. – 39 €

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest