Avec la très douloureuse séparation de juillet 1962, la France pensait se débarrasser, une bonne fois pour toutes, de la crise algérienne. De Gaulle et ses successeurs croyaient que les Algériens bâtiraient leur propre état-nation et que finiraient par cicatriser les blessures de la guerre d’indépendance. Un jour viendrait où les deux nations pourraient se réconcilier sans se mélanger.
Hélas, Alger a choisi de se reconstruire sur le bras armé du FLN, l’ALN, et surtout sur la haine de la France. Il a reporté l’ensemble de ses échecs sur une post-colonisation imaginaire, comme s’il ne voulait pas terminer la guerre civile. Selon leur version, les Français, qui ont pourtant été largement exclus du pays, garderaient la mainmise sur leur ancienne colonie et ceci expliquerait pourquoi l’Algérie s’enfonce dans la bureaucratie et la corruption. Un alibi tellement absurde que dans le même temps, une partie de la population faisait des pieds et des mains pour rejoindre la France, obtenir des visas ou une bourse d’étude. La nomenklatura FLN, qui n’a pas de mots assez durs sur les ingérences parisiennes, passe ses vacances et ses convalescences chez nous. Les Français se tournent quant à eux vers la Tunisie et le Maroc, moins susceptibles et revanchards. Las ! Même la retenue parisienne est considérée comme un soutien implicite du clan Bouteflika.
Dans beaucoup de villes de province de l’Hexagone, des manifestations spontanées ont lieu pour demander le départ de Bouteflika, comme si ces populations vivaient chez nous mais avaient laissés leur cœur et leur esprit de l’autre côté de la Méditerranée.
De fait, la diaspora algérienne a pris une telle importance que le mythe est presque devenu réalité. Le poids des Algériens de France est tel qu’il pose effectivement sur la politique de nos anciens départements. Dans beaucoup de villes de province de l’Hexagone, des manifestations spontanées ont lieu pour demander le départ de Bouteflika, comme si ces populations vivaient chez nous mais avaient laissés leur cœur et leur esprit de l’autre côté de la Méditerranée. L’Algérie française continue malgré nous et sans nous…
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Si la diplomatie française se garde bien d’intervenir dans le débat constitutionnel et démocratique d’Alger, la situation inquiète à raison nos services de sécurité. Maintenant que la foule tient la capitale, il est peu probable que ce système algérien vieillissant trouve de lui-même une solution apaisée. Si le chaos politique se prolonge, il débouchera sur une crise économique déjà bien avancée. Certes les côtes algériennes sont lointaines et les frontières avec le Maroc et la Tunisie presque étanches, mais la France n’a vraiment pas besoin d’une nouvelle submersion migratoire, puisqu’elle n’arrive plus à assimiler ses propres enfants.
La France a, pour se rabibocher, distribué des visas et des revenus. Elle a accepté cette arrogance anti-française et ce discours décolonial qui fait fi de nos largesses et des transferts de la diaspora.
Au bout du compte, notre volonté inlassable de réconciliation nous a menés à accepter une sorte de France algérienne. La France a, pour se rabibocher, distribué des visas et des revenus. Elle a accepté cette arrogance anti-française et ce discours décolonial qui fait fi de nos largesses et des transferts de la diaspora. Près de 60 ans après l’indépendance, la guerre d’Algérie continue, comme un cauchemar suspendu des deux côtés de la Méditerranée.





