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Sévices secrets

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Publié le

26 juin 2019

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Correspondant pour Haaretz, Dov Alfon en a aussi été le rédacteur en chef. Il a surtout été officier dans la section la plus secrète du renseignement de l’Armée de défense d’Israël, l’Unité 8 200 – à prononcer huit-deux-cent. Entre polar et espionnage, ce premier roman de l’ancien militaire est donc inspiré par son expérience de terrain.

 

Si, compte tenu de la sensibilité politique de l’auteur, on ne s’étonne pas du peu de tendresse dont il fait preuve à l‘égard du gouvernement Netanyahou, c’est surtout en sa qualité d’ex-espion qu’il est parvenu à faire de ce roman un objet particulièrement intéressant, notamment grâce à son aspect immersif, tout en développant un ton singulier flirtant parfois avec la comédie. Ici, la technologie de pointe a remplacé les filatures d’antan et des équipes de jeunes soldats travaillent nuit et jour pour décrypter des codes, surveiller les surveillants, prévenir des attaques ou lire nos emails. Résultat, un succès international et les droits rachetés par les producteurs de la série ayant inspiré Homeland. Il faut dire que l’amorce est accrocheuse : un jeune Israélien débarquant à Roissy se fait enlever par une jolie blonde après une mauvaise blague.

 

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Très vite, les services se mettent en branle, sans omettre de se tirer dans les pattes. Chacun bombe le torse. Une cellule de crise est ouverte à Tel-Aviv et la presse est verrouillée. En fond, l’auteur fait référence à des scandales récents – les Objecteurs de l’Unité 8 200 et diverses affaires de corruption, évoquant dans la foulée les tensions liées aux origines sépharades ou ashkénazes affectant les rapports hiérarchiques de la Start-up-nation. Quoi qu’il en soit, à Paris, on s’aperçoit qu’il y a eu erreur sur la victime et que la blonde n’est que l’appât d’une machinerie impliquant autant de réseaux que la mondialisation le permet, jusqu’à faire trembler les ministères. Les morts se succèdent et les décors défilent. En première ligne, un commissaire à l’ancienne aux faux airs de Maigret sera contraint de faire équipe avec le colonel Abadi, officier de choc de la 8200, en contact étroit avec la jeune Oriana organisant la traque électronique depuis Israël. Avec des chapitres courts, des personnages typés et un rythme rapide, l’affaire sera résolue en vingt-quatre heures. Si le final est un peu (trop) rocambolesque – mais n’est-ce pas la loi du genre ? – l’ensemble reste tout à fait prenant et le souci du détail quant aux dessous de ce monde souterrain et paranoïaque donne toute sa force au roman. Captivant.

 Alain Leroy

 

 

UNITÉ 8 200  – Dov Alfon –  Liana Levi    392 p. – 21 €

 

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