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2035. 120 ans plus tard, un descendant de D.W. Griffith tourne un nouvel épisode de Naissance d’une nation, consacré à Facebook. Mark Zuckerberg qui a financé le film à l’occasion de ses 50 ans y joue son propre rôle. Rassemblant une communauté de plus de la moitié de la population du globe, gérant le libra devenu monnaie mondiale, imposant son conseil de surveillance comme la première instance internationale juridique, Facebook est devenu la première nation mondialisée.
Dès avril 2018, Mark Zuckerberg lançait l’idée d’une sorte de Cour suprême. En juin 2019, son responsable des affaires institutionnelles prévoyait la création d’un conseil de surveillance mondial (Oversight board). Le rôle de ce conseil était de prendre des décisions en dernier recours sur ce que les utilisateurs seraient autorisés à poster sur le réseau.
Parmi les personnalités françaises, les noms de Bernard-Henri Lévy et Christine Angot furent remarqués.
Quarante personnes furent choisies, « experts avec des expériences différentes, des disciplines différentes, et des points de vue différents, mais qui tous peuvent représenter les intérêts d’une communauté globale ». Parmi les personnalités françaises, les noms de Bernard-Henri Lévy et Christine Angot furent remarqués. Sur le plan international Barak Obama et Jean-Claude Juncker ont donné tout de suite leur accord. Les quarante sont rémunérés à mi-temps et à hauteur d’un million de libras par an par une fondation extérieure à Facebook mais financée par ce dernier.
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À la création du Conseil, les quarante étaient assistés par les trente mille « modérateurs » du réseau social, modérateurs devenus cent mille en 2030. Les moyens déployés ont permis au conseil mondial de supplanter toutes les autres Cours : Cour Suprême des États-Unis, Cour de Justice européenne et la plupart des autres Cours dans le monde, à l’exception de quelques pays retardataires comme la Hongrie, la Pologne ou la Chine. La Cour détermine les limites à la liberté d’expression pour les deux tiers de l’humanité.
En novembre 2018, le président Macron avait amorcé un partenariat stratégique avec Mark Zuckerberg. Dès juin 2019, le Secrétaire d’État français au numérique se réjouissait des accords signés avec le réseau social contre les discours de haine : « Ils nous ont annoncé qu’ils allaient transmettre les adresses IP pour les contenus de haine en ligne ».
La France avait donné l’exemple au monde. En novembre 2018, le président Macron avait amorcé un partenariat stratégique avec Mark Zuckerberg. Dès juin 2019, le Secrétaire d’État français au numérique se réjouissait des accords signés avec le réseau social contre les discours de haine : « Ils nous ont annoncé qu’ils allaient transmettre les adresses IP pour les contenus de haine en ligne ». Le vote de la loi Avia en juillet de la même année confirma l’accord. Surtout, dès 2021 les pouvoirs du CSA, de l’Arcep et de la CNIL furent transférés à Facebook. Exemple suivi par l’Union Européenne (la Hongrie et la Pologne exceptées) en 2022, puis par 125 pays dès 2025.
Très vite le président de la Banque centrale américaine et celui de la BCE ont été nommés par Facebook à la satisfaction de tous, sauf des arriérés chinois et de quelques moujiks.
Si l’annonce de la création de la crypto monnaie de Zuckerberg, le libra, fut accueillie avec méfiance, le vote des utilisateurs emporta la donne. Avec le libra, chacun put payer fournisseurs et créanciers, les salariés réclamèrent un compte en libra. Très vite le président de la Banque centrale américaine et celui de la BCE ont été nommés par Facebook à la satisfaction de tous, sauf des arriérés chinois et de quelques moujiks.
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L’usage du libra a permis de gagner de nouveaux adeptes, la barre des cinq milliards a été atteinte en 2030. L’accès à la totalité des transactions sur le libra permet de cerner au mieux le profil de chacun pour le cibler par la publicité. La protection des données est assurée par le Conseil mondial. En 2034, année de tournage du film, Facebook pouvait annoncer un bénéfice de dix milliards de libras par mois, le libra valant deux euros. Mark Zuckerberg, roi d’une nouvelle nation, peut se féliciter d’avoir le « jugement final sur ce que devrait être un discours acceptable dans une communauté qui reflète les normes sociales et les valeurs des gens dans le monde entier ».
Claude Lenormand
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