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Alain Chamfort : dernier tour de piste

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Publié le

11 avril 2024

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À 75 ans, le garçon poli de la variété française annonce un retrait en fanfare et publie un dernier disque, L’Impermanence. Plus singulier qu’on le croit, ce chanteur nous marquera.
© Dominique Richon - BMG

Début janvier, Alain Chamfort, figure atypique des variétés françaises annonçait, à l’occasion d’une « conversation musicale » au théâtre de l’Œuvre intitulée Le Meilleur de moi-même, la fin de sa carrière. 2024 serait l’année de ses adieux en fanfare : le spectacle commémoratif donc, un EP produit par Sébastien Tellier – figure branchée et velue de l’électro française –, un ultime album, L’Impermanence, paru fin mars et une ressortie de son catalogue riche d’une quinzaine d’albums. Surtout connu par le grand public pour son incontournable « Manureva » (1979), dont le texte est écrit par Serge Gainsbourg (avec lequel il travaillera, non sans heurts, sur trois albums), compositeur et interprète, Alain Chamfort n’aura pas été l’homme d’un seul titre, ni d’un seul parolier. Sans vouloir fatiguer le lecteur avec une paresseuse liste de morceaux, l’évocation de « La fièvre dans le sang », « Paradis », « Clara veut la lune » ou plus récemment « À la droite de Dior » réveillera peut- être chez lui quelques souvenirs.

Un vieux jeune homme poli

Ses collaborations avec Gainsbourg sont un bond qualitatif sans comparaison possible avec ses premières chansons, bluettes surannées produites par Claude François qui faisaient de lui un « chanteur à minettes », rival de son producteur nasillard ou de Patrick Juvet l’Helvète à voix de fausset. Chamfort développera, d’abord avec Gainsbourg puis avec ses paroliers réguliers, Jacques Duvall et Pierre-Dominique Burgaud en tête, un style, très français – moins potache que Dutronc, moins lyrique que Julien Clerc et moins sophistiqué que Bashung – dans lequel l’ironie et la mélancolie font bon ménage, avec un goût prononcé pour les paradoxes, les rimes pauvres, les métaphores et les répétitions, et toujours avec style et politesse, comme s’il cherchait à ne jamais déranger son public.

Lire aussi : Jacques Dutronc : chanteur par hasard, poète par nature

L’Impermanence ne déroge pas à la règle et poursuit (et conclut) cette discographie de manière plaisante grâce aux entêtantes mélodies de piano, aux délicats arrangements de cordes et aux élégantes programmations électroniques, sans surprendre certes, mais qu’importe; et finit de tracer le sillon initié avec l’excellent Le Plaisir (2003), à savoir la fin de course d’un vieux chanteur à la voix fragile qui n’en finit pas de revenir. De quoi douter positivement de la nature définitive de ces adieux à la scène.


L’IMPERMANENCE,
ALAIN CHAMFORT,
BMG, 15,99 €

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