Un vieux jeune homme poli
Ses collaborations avec Gainsbourg sont un bond qualitatif sans comparaison possible avec ses premières chansons, bluettes surannées produites par Claude François qui faisaient de lui un « chanteur à minettes », rival de son producteur nasillard ou de Patrick Juvet l’Helvète à voix de fausset. Chamfort développera, d’abord avec Gainsbourg puis avec ses paroliers réguliers, Jacques Duvall et Pierre-Dominique Burgaud en tête, un style, très français – moins potache que Dutronc, moins lyrique que Julien Clerc et moins sophistiqué que Bashung – dans lequel l’ironie et la mélancolie font bon ménage, avec un goût prononcé pour les paradoxes, les rimes pauvres, les métaphores et les répétitions, et toujours avec style et politesse, comme s’il cherchait à ne jamais déranger son public.
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L’Impermanence ne déroge pas à la règle et poursuit (et conclut) cette discographie de manière plaisante grâce aux entêtantes mélodies de piano, aux délicats arrangements de cordes et aux élégantes programmations électroniques, sans surprendre certes, mais qu’importe; et finit de tracer le sillon initié avec l’excellent Le Plaisir (2003), à savoir la fin de course d’un vieux chanteur à la voix fragile qui n’en finit pas de revenir. De quoi douter positivement de la nature définitive de ces adieux à la scène.

L’IMPERMANENCE,
ALAIN CHAMFORT,
BMG, 15,99 €





