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Anchya Bamana : Soldat de Mayotte

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Publié le

21 avril 2025

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© Benjamin de Diesbach

« Tu dors à peine et tu passes tes journées à parler comme Younoussa Bamana… » Confidences d’une mère admirative du destin de sa fille Anchya, que personne ne voyait un jour reprendre le flambeau du père, figure tutélaire de Mayotte française, comme députée de la nation sous les couleurs du Rassemblement national. Bonne pioche pour Marine Le Pen, que les Mahorais adorent…

Anchya Bamana a tendance à sourire quand d’autres, souvent des hommes, prennent un air grave pour afficher leur autorité en politique. Il faut dire qu’elle les a rudement cotoyées sur le terrain quand elle décida de se présenter aux municipales. Elle restera d’ailleurs la première femme à avoir pris la mairie de Saada en 2014, sanctuaire de la francité mahoraise, où son père, « le Sage » comme on le surnommait ici, a œuvré comme instituteur et directeur d’école avant de devenir le député et surtout le président tutélaire du Conseil général du caillou de l’océan indien pendant près de trente ans.

« J’accuse l’État de ne pas combattre l’entrisme islamiste »

Nous la retrouvons dans les murs de l’hôtel Olympe de Gouges à deux pas de l’Assemblée nationale où les parlementaires ont désormais leur pied-à-terre. Une belle adresse pour celle qu’on surnomme l’Héritière et qui passe pour la nouvelle Soroda wa Maori (le soldat de Mayotte). « Mon père et sa génération se sont battus pour faire entrer Mayotte dans la nation française. Ce n’était pas gagné depuis 1841 sous l’influence du mouvement anti-colonialiste. Mon combat ? Le respect de l’égalité républicaine qu’on n’a toujours pas acquise aujourd’hui. Il s’inscrit donc dans la continuité de Mayotte française… », nous explique Anchya Bamana.

À peine installée à son bureau, elle nous tend une lettre adressée à Manuel Valls qu’elle relance sur le scandale de l’eau ; et histoire de faire bonne mesure, une autre à Bayrou sur l’urgence des aides, en pensant à Macron qui avait promis, entre autres, un aéroport international à Mayotte en 2019 et n’a évidemment rien fait depuis. On fera les présentations une autre fois. L’urgence n’est pas de livrer ses états d’âme au monde en mode « Le Divan » mais de profiter d’une tribune dans la presse libre pour secouer ces politiques avachis qui ont trahi les Français de Mayotte depuis le vote de la départementalisation en 2011.

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Anchya était sur le terrain après Chido pour constater l’inaction de l’État. Aujourd’hui, elle accuse. Et ne mâche pas ses mots. « J’accuse l’État sur la crise de l’eau et je demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Il n’y a pas eu anticipation. Les Mahorais demandent à avoir l’eau courante comme tous nos compatriotes. Or, depuis le Covid, l’ARS a installé des rampes publiques aux abords des rues pour permettre aux migrants et aux illégaux d’avoir accès à l’eau. Pendant ce temps, les factures des Mahorais flambent avec les coupures en plus. Ce sont les Mahorais qui paient pour distribuer l’eau gratuitement aux clandestins ! » La députée ne cache pas sa colère. « J’accuse l’État de ne pas combattre l’entrisme islamiste. Les “chatouilleuses” qui se sont battues pour Mayotte française dans les années 60 n’ont jamais porté ce voile qui laisse juste passer les yeux. On en voit de plus en plus à Mayotte (…) La descendante d’un combattant pour Mayotte française, petite-fille de Zéna M’Déré vous le dit : on n’a jamais vu ça à Mayotte. Ni dans notre culture ni dans notre pratique religieuse. En cause, l’émigration clandestine de masse. »

Sans craindre de bousculer les vieilles habitudes machistes de l’île, elle poursuit : « J’accuse les élus locaux de ne pas vouloir travailler ensemble. Mon père l’avait annoncé en son temps. » Clientélisme et corruption ne datent pas d’hier. Cette année, les travaux pour le projet de loi à Mayotte commencent. Après les entretiens individuels avec Manuel Valls, elle interpelle le président du Conseil départemental : « Réunissez-nous pour savoir ce que nous voulons, lui ai-je dit. Il a fallu que je crie dans les médias pour qu’il sorte de son trou… » Anchya Bamana reprend son souffle. « Je suis une fille de…, lance-t-elle. Un bel et lourd héritage sur les pas d’un père qui a voué 50 ans de vie à Mayotte française. Il disait que j’étais celle qui prendrait le relais. À 7 ans, il me surnommait déjà Anichya. En mahorais, ce mot signifie “quelque chose qui me dépasse”. Ce qui me dépasse, avoue-t-elle, c’est l’indigence des débats à l’Assemblée nationale quand les noms d’oiseaux et les coups volent bas », conclut le « soldat de Mayotte ».

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