Quelle est la plus grande imposture éducative ?
Il y a deux plus grandes impostures éducatives ex aequo. La première, c’est l’éducation bienveillante. « Aimer l’autre, c’est exiger qu’il se dépasse », dit Rainer Maria Rilke. Éduquer, c’est conduire vers le haut. La seconde, c’est de faire croire que tout se vaut, que toutes les vies sont également intéressantes. Le monde actuel est plein d’adultes à qui on dit, comme à des enfants de deux ans, que les gribouillis de leur vie sont très jolis comme ça. Ils ne grandiront jamais.
La perte de la transmission a entraîné la chute de l’éducation. La faute à qui ? Aux pères ou à l’école ?
Les deux ! Les pères avaient des privilèges parce que c’étaient des héros. Quand tu as sauvé ton pays à Verdun, tu as le droit de demander que la soupe soit chaude. En revanche, quand tu utilises le pack office 35 heures par semaine, tu as cessé de mériter le patriarcat… Les pères boomers, au lieu de se réinventer par l’exigence personnelle, ont essayé d’être des copains. Ils ont cessé d’incarner l’exemple. Et puis ils ne sont pas seuls responsables : il faudrait dire un mot des mères modernes, qui rêveraient de se reproduire par parthénogénèse, sans leur mari dans les pattes, d’utiliser leurs gosses pour Insta, tout en se faisant entretenir pour pouvoir « s’accomplir », c’est-à-dire acheter des vêtements ou de la déco.
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L’école, elle, s’est construite sous la IIIe République comme un contre-récit de l’Église. « On va imiter les curés mais en mieux. » Les uniformes noirs, les leçons de morale le matin, le roman national, etc. Quand elle a voulu éduquer au lieu d’instruire, elle a trahi sa mission (et volé celle des parents). Et en cherchant à inventer un modèle, elle est devenue un pandémonium pour nains, quelque part entre la salle de shoot, l’octogone et la colo des 70s (meubles mous, couleurs vives, après-midi touche-quéquette).
La nostalgie c’est…
Littéralement, c’est la douleur qu’on ressent en repensant à l’endroit où on voudrait revenir. C’est Ulysse quand il repense à Ithaque – alors qu’il est dans le lit de Calypso ! C’est quelque chose de très beau, très doux, de tendre et narcotique : la nostalgie, c’est la morphine de l’homme de droite. Il faut tenir ce sentiment à la longe, en faire une sorte de saudade, un truc cool et rêveur, comme un air de bossa nova. Mais ne pas se laisser bouffer…
Qu’avez-vous contre La République ?
Moi, rien. Ce n’est pas moi qui ai commencé. C’est elle qui n’aime pas beaucoup ses citoyens. Elle a créé pour eux un labyrinthe de paperasses, des lois pour traquer uniquement les gens qui les respectent… mais aussi des bâtiments immondes, des cérémonies sataniques, une justice gâteuse, des hordes d’Uruk-Hai qui persécutent les Rohirrim, des services publics qui font regretter Brejnev…Elle ne donne pas beaucoup de preuves d’amour. Alors…
Un chapitre se nomme « Splendeur des exécutions publiques ». Le pauvre Badinter doit se retourner dans sa tombe…
Est-ce qu’enfermer un monstre incurable pendant trente ans (et à nos frais) est une preuve d’humanité ? Je ne sais pas. Au lieu de se retourner dans sa tombe, j’espère qu’il a des boules Quies, pour dormir d’un éternel sommeil malgré les pleurs de Philippine et Lola, qui crient depuis le Ciel que nous n’avons pas su les protéger.






